Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


jeudi 23 juillet 2026

Une rareté qui sent le soufre

 Projeté pour la première fois dans quelques salles italiennes seulement durant les derniers mois de la dictature fasciste, Ossessione, de Visconti, marque une rupture nette et puissante avec la tradition cinématographique de l'époque. Pour la première fois, le film dépeint la misère des faubourgs, contrastant avec le mythe de la campagne célébré par le régime. Il met en scène l'adultère et le crime, jamais vus auparavant au cinéma des « telefoni bianchi » (téléphones blancs), et expose explicitement le désir homosexuel à travers le personnage de l'Espagnol (interprété par Elio Marcuzzo, ici par Massimo Girotti avec Gino).
La scène fut coupée par la censure et ce n'est qu'en 2017 qu'elle reprit sa place dans la version restaurée par la Cineteca di Bologna d'après la version intégrale qu'avait conservée Visconti.
On peut considérer que la scène autrefois censurée est la première manifestation homoérotique du cinéma italien, qui s'exprime fugitivement à la faveur du craquement d'une allumette.


Craquer pour Massimo Girotti, ça se comprend.

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