Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


mardi 15 septembre 2026

Les fesses cachées du cinéma

 Le code Hays : censure à Hollywood

La couverture du code Hays
C'est le 1ᵉʳ juillet 1934 qu'entra en vigueur le "code Hays", qui, jusqu'en 1966, garantissait pour le cinéma le respect des bonnes mœurs. Il était avéré que la débauche était de règle dans les milieux du cinéma à Hollywood, comme le montra très bien l'excellent film Babylon de Damien Chazelle en 2022. Orgies, déviances, drogue : il fallait agir et les ligues de vertu veillaient. C'est ainsi que commença à sévir le fameux code.

Les trois principes qui devaient rigoureusement être observés étaient les suivants :

  1. « Aucun film ne sera produit qui porterait atteinte aux valeurs morales des spectateurs. De la même manière, la sympathie du spectateur ne doit jamais aller du côté du crime, des méfaits, du mal ou du péché ».
  2. « Des standards de vie corrects, soumis uniquement aux exigences du drame et du divertissement, doivent être montrés ».
  3. « La loi, naturelle ou humaine, ne sera pas ridiculisée et aucune sympathie ne sera accordée à ceux qui la violent » 

 Des cinéastes tels qu'Alfred Hitchcock usèrent de subterfuges pour contourner ces dispositions draconiennes et certains y prirent un vif plaisir. Pour Hitch, l'entrée d'un train dans un tunnel, entre autres, symbolisait une pénétration, quand d'autres évoquaient une éjaculation par l'ouverture d'une bouteille de Champagne.
Concernant l'homosexualité, le même Alfred dut ruser pour faire comprendre au spectateur un peu avisé, que les deux principaux personnages de son film La Corde étaient un couple de garçons.
Il y a nombre d'allusions, jusque dans les westerns : dans l'un d'eux (le titre ne me revient pas), l'un des protagonistes caresse le canon de son revolver tout en lançant un regard malicieux à son vis-à-vis. D'aucuns ont cru déceler une homosexualité implicite dans le rapport liant le personnage joué par Henry Fonda à celui interprété par Anthony Quinn dans L'homme aux colts d'or, grand western d'Eward Dmytryk sorti en 1959. J'en doute, personnellement.


Le dernier film avant la censure : un must !

Buster Crabbe dans ce film. Sympa, non ?
C'est le dernier film pour le moins tendancieux sorti en 1934 juste avant l'application du code censeur.
Search for Beauty se déroule pendant les Jeux olympiques d'été.
Le scénario est d'une minceur notable : Jackson, nageur, et Hilton, plongeur, champions olympiques et couple romantique, deviennent les visages d'un magazine de santé douteux. Deux anciens détenus s'allient à l'éditeur du magazine pour les faire tomber. 
La trame, ou son absence, n'est qu'un prétexte à faire évoluer sur l'écran les plus belles filles et les plus splendides garçons qu'on ait pu "caster". En tête de distribution, le superbe Buster Crabbe, double médaillé olympique de natation, lequel, à l'époque, faisait battre le cœur et allumait les sens des femmes et, sans aucun doute, des garçons sensibles. Par la suite, Crabbe (oh oui, pince-moi !) fut Tarzan, Flash Gordon et autres héros bien balancés.
Pour revenir à Search of Beauty, voici un très court extrait qui permet d'apprécier de bien belles choses et de comprendre qu'il n'aurait pu se tourner ultérieurement.


La musique n'est pas d'époque, me dois-je de préciser.

Pour finir, cet extrait dans lequel une jolie blonde utilise ses jumelles
pour admirer un chouette paysage :
  

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