Le journal quotidien - non hétérophobe - de Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007. Photo en-tête Mina Nakamura "La gravité est le plaisir des sots"
Nouveau et très très con, Venise à vélo : bon courage !
L'excellent blog TramezziniMag, tout dévoué à la gloire de Venise, poussait récemment un coup de gueule très largement légitimé par le comportement navrant de certains touristes : pique-niques aux abords de la Piazza, utilisation des corbeilles pour soulager un besoin naturel, bronzage "jambons-à-l'air" sur les bancs publics, bains de pieds dans les canaux, "setting" sur l’œuvre de Mürer (La partisane assassinée ) et autres manifestations de la plus crasse beaufitude.
Devant ces incivilités, on se prend à souhaiter que les sanctions les plus sévères soient prises à l'encontre de ces barbares de notre temps : Venise doit se mériter.
En ce qui me concerne, amoureux de la Sérénissime, respectueux de cet environnement unique au monde, je crois que, si je me trouvais face à ce type d'attitude, je sortirais de mes gonds, au risque de récolter quelques horions s'il le faut.
Bain de pieds : imbéciles !
Casse-croûte en site historique : bon appétit !
Promotion d'été sur les jambonneaux.
Connards urinant : sans trucage !
Œuvre d'art profanée : coups de pied au cul souhaités ardemment !
Toutes les photos de ces salauds proviennent du blog TraMeZziniMag.
Lire son coup-de-gueule ici : clic
Non, ce ne sont pas des "choupinous" sélectionnés pour leur physique agréable : ce sont des "ragazzi" du collectif romain "Cinema America Occupato" se rendant à Venise pour une action de haute volée visant à dénoncer magouilles et corruption : la projection de Main basse sur la ville (!) sur la façade d'une annexe de l'hôtel Santa Chiara édifiée au mépris de l'esprit architectural de la Sérénissime.
S'ils sont mignons, tant pis.
Ils sont admirables, tant mieux.
Avant... l'intervention policière sollicitée par l'hôtelier.
Il y a, à Venise, d'autres atteintes à l'esthétique, de chair et d'os celles-là : j'y reviens demain mercredi.
Les jeunes de "Cinema America Occupato" ont entrepris de redonner tout son lustre à cette salle.
" Rome s'est endormie dans la beauté de son passé, et les princes charmants occasionnels que furent les cinéastes Fellini, Pasolini, Rosselini, etc., n'ont eu l'air de la réveiller que le temps d'un lumineux baiser."
C'est la conclusion d'un commentaire de Pierre, lecteur impliqué, au sujet du petit film inséré ici samedi dernier. (Le billet et le commentaire intégral ici : clic)
Ces mots n'ont eu de cesse de me tarauder, et je me suis souvenu de ma stupeur, arpentant la Via Veneto, de n'y croiser que les fantômes du passé cinématographique de cette artère fréquentée autrefois par les gloires de l'histoire du 7è Art et les premiers paparazzi.
Parcourant plus d'une fois la Via Nazionale, j'y soupirai devant la façade muette du Cinema Quirinale, façade rénovée depuis, certes, mais n'abritant qu'un espace de réunion pour cadres de banque.
La carte des cinémas romains fermés pour toujours, en ruines, ou transformés en supérette, est impressionnante. Vous me rétorquerez qu'il en est de même à Paris et partout en France. Oui, mais le soutien à la création cinématographique étant ce qu'il est, chez nous, ont poussé, ici, des multiplexes qui ont permis de compenser quelque peu ces fermetures, en adéquation avec la fréquentation, importante, dans l'hexagone.
Le Cinema America dans le Trastevere avant la faillite
Survenant sur le tard, mais très efficacement, la réaction d' Italiens se disant orphelins de leur cinéma et œuvrant avec obstination pour stopper l'hécatombe (les tout-jeunes membres du collectif "Cinema America Occupato" sur lesquels je prépare un billet conséquent ou les animateurs du site "Macine" entre autres) représente un véritable espoir ; ces jeunes sont dignes d'admiration, qui dépensent pour leur cause une énergie à toute épreuve. Même si l'on ne comprend pas l'italien, les images du film-enquête ci-dessous sont terriblement parlantes, qui illustrent admirablement mon propos :
Et pourtant, les romains aiment le cinéma :
Projection de Mamma Roma en hommage à Anna Magnani - Piazza San Cosimato en Trastevere, juin 2015
Conseil du jour :
si, manipulant un cactus, de perverses épines s'incrustent dans vos mimines, il faudra appliquer un ruban adhésif à la surface et tirer d'un coup sec : c'est, paraît-il, très efficace ; bien mieux qu'une fastidieuse opération à la pince-à-épiler.
C'est un conseil du vénéré Alain Baraton, jardinier en chef du Château de Versailles et intervenant apprécié à France Inter.
Η καλοκαιρινή Αθήνα του 1960, σε ένα συναρπαστικό έγχρωμο βίντεο !
Ce joli petit film des actualités cinématographiques de l'époque, malgré son côté quelque peu "dépliant touristique", permet de se faire une idée de l'ambiance qui régnait à Athènes au cours de l'été 1960.
Il y a sans nul doute beaucoup d'admirateurs d'André Téchiné parmi les lecteurs de Gay Cultes.
Aux plus jeunes d'entre nous, on conseillera de découvrir son œuvre où se retrouve une sensibilité qui nous est commune, à commencer par - évidemment ! - ces "Roseaux sauvages" qui ne peuvent laisser de marbre...
Téchiné a eu l’œil pour nous révéler quelques uns des jeunes acteurs les plus talentueux (et les plus agréables à regarder) du cinéma français de ces dernières années.
Florilège :
Gérard Depardieu - Barocco (1976)
Wadeck Stanczack - Rendez-vous et Le lieu du crime (1985 & 1986)
Simon de la Brosse - Les innocents (1987)
Manuel Blanc - J'embrasse pas (1991)
Stéphane Rideau - Les roseaux sauvages (1994)
Alexis Loret (avec A.Téchiné himself) - Alice et Martin (1998)
Farouchement démocrate et républicain, en cette année où l'on célèbre le tricentenaire de la mort du quatorzième Louis, je n'honorerai pas, comme on le fait à Versailles, la mémoire du monarque absolu, de l'homme qui proclama "L'état, c'est moi".
En revanche, l'histoire permet de rendre au moins cette justice au "roi soleil" : il fut un formidable catalyseur en matière d'arts, encourageant la création musicale qui, en France, ne retrouva pareil niveau qu'à la fin du 19è siècle. La littérature et le théâtre furent également soutenus par le souverain, lequel, dans son jeune âge célébra lui-même avec éclat l'art de la danse, comme Le roi danse, de Gérard Corbiau (extraits ci-dessous) le souligne, qui met en relief, également, les rapports entre Louis XIV et l'impétueux Jean-Baptiste Lully, homme de pouvoir tout autant que son maître.
Mais, à quelques lieues des fastes de Versailles et jusqu'au plus profond de nos provinces, le bon peuple, lui, crevait de faim.
Le film de Gérard Corbiau (2000), doté d'une très belle bande-son, est cependant inégal, le réalisateur peinant à retrouver le souffle qui animait précédemment son Farinelli.
Je recommanderai plutôt la lecture de Baptiste, formidable roman biographique de Vincent Borel (Sabine Wespieser éditeur 2010, et en livre de poche chez Points).