Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


dimanche 12 février 2017

Saignant à point

La Cabane, Cap Ferret - Thibault Deresse

Il me plaît qu'un humain se soit dit un jour, tiens, je vais peindre ce pan de mur couleur sang de bœuf, ça fera un contraste avec le blanc, ce sera joli, sans doute.

samedi 11 février 2017

Vive les vacances


Qui c'est l'plus beau ?


Sabu jusqu'à plus soif


Le livre de la jungle de Zoltan Korda (1942) sort actuellement en version restaurée dans une poignée de salles du territoire.
Si le film d'animation des studios Disney pouvait se permettre, avec sa drôlerie, de prendre de longues distances avec l’œuvre originale de Kipling, la resucée grotesque sortie récemment par les mêmes studios est écrasée par la version réalisée par Korda il y a trois quarts de siècle qui se permettait déjà quelques entorses, du fait de la difficulté d'adapter à l'écran une telle œuvre romanesque.
Mais le film anglo-américain, outre la musique de Rosza, les décors et la sûreté de la mise en scène, bénéficia d'un Mowgli idéal incarné par Sabu, cornac repéré par Flaherty lors du tournage d'Elephant Boy.
Le film fit de l'acteur adolescent une star planétaire qu'on retrouva, peu de temps après le "Livre" dans un Voleur de Bagdad qui connut lui aussi un triomphe.
On confina cependant Sabu dans des rôles de même nature, et sa carrière tourna en rond jusqu'à son décès (d'une crise cardiaque) à l'âge de 39 ans.
Comment ne me souviendrais-je pas que Sabu, apparu un après-midi à la télévision quand j'étais encore enfant, révéla en moi des émotions que je m'explique mieux à présent ?

Vie moderne

Mark Kostabi

vendredi 10 février 2017

Icône

Joe Dallesandro

Peur de rien


Ce beau jeune homme,
modèle de son état, répond
au doux nom d'Adam Phebus.
S'il s'agit d'un pseudonyme, c'est hardi.
Si c'est son vrai patronyme, la vie fait bien les choses.

"Moonlight" : c'est LE film à voir actuellement

 Synopsis
Après avoir grandi dans un quartier difficile de Miami, Chiron, un jeune homme tente de trouver sa place dans le monde. Moonlight évoque son parcours, de l’enfance à l’âge adulte.



Chiron adulte (Trevante Rhodes) et ses fausses dents en or : on a vu plus vilain.
Grand écart cinéphile, la semaine dernière, qui me fit passer en vingt-quatre heures des bulles de savon de La la land (que d'aucuns détestent parce qu'il draine le public "populaire" vers les salles) vers ce Moonlight intense, habité, poignant.
Se découvrir homo dans le milieu le plus homophobe qui soit, c'est entrevoir une porte ouverte vers l'enfer. Sans être pour autant un stéréotype, le jeune Chiron, dont on suit l'itinéraire, de la prime enfance à l'âge adulte, va devoir subir brimades et harcèlement de la part de ses camarades, tous membres de la communauté noire de Miami, engoncée dans ses codes machistes.
Adulte, il choisira de s'inventer une personnalité plus conforme (ou conformiste) à ses origines, mettant en veilleuse son identité, laquelle refera surface dans l'une des plus belles scènes d'émotion que l'on n'ait vu au cinéma depuis longtemps.
Mise en scène sans concession, acteurs impliqués, Moonlight est sans aucun doute le film qu'on ne peut manquer en ce début d'année, la seule frustration venant d'une troisième partie qui tire quelque peu à la ligne.
On notera que le distributeur français, frileux au départ (tu penses, coco, des pédés, et noirs en plus !), vient de doubler le nombre de salles en catastrophe, car oui, le public est au rendez-vous !

Fiche complète (on notera que Brad Pitt, en producteur exécutif, n'est pas pour rien dans l'aboutissement d'un projet initial qui a dû se heurter à pas mal de réticences !) : ici


Cadeau : un extrait de la très belle musique de Nicholas Brittel :


Joe Dallesandro : la beauté du diable

On notera que l'égérie de Warhol 
débuta au cinéma dans des productions pornographiques gay.

mardi 7 février 2017

Tellement émouvant,

que le photographe
fut pris d'une
légitime tremblote.
Émotion ? Excitation ? Les deux ?

Beau désordre

Manfred par Herbert Tobias (1957)

La la land : deux heures de bonheur !

Ryan Gosling et Emma Stone : La la land, de Damien Chazelle
Dieu qu'il est difficile de dire du bien d'un film que "tout le monde" aime !
Étant préservé, pensé-je, de l'esprit snobinard qui conduit à flinguer toute production à la fois commerciale, populaire et intelligente (cf la critique "contre" de Télérama), je dis haut et fort que le film de Damien Chazelle nous vaut un grand moment de cinéma-spectacle, n'en déplaise aux pisse-froid de la chronique parisianiste. La majorité des critiques, il faut le saluer, est cependant enthousiaste, objective, honnête.
Il suffit, dans la file d'attente, conséquente, d'observer, à leur sortie, les spectateurs de la séance précédente : ils ont en tête les chansons de la bande originale, certains chantonnent, les sourires en disent long, comme les étoiles dans les yeux.
D'entrée de jeu, la séquence d'ouverture vous emporte : c'est une comédie-musicale, une vraie de vraie, comme on n'en avait vu sur grand écran depuis des lustres !
Le scénario est habile, qui fait référence (hommage ?) à l'injustement délaissé New-York New-York de Martin Scorsese, la mise en scène est brillante, maîtrisée, et les deux acteurs principaux (Gosling qui sait tout faire, comme les acteurs du temps passé, et Emma Stone, lumineuse) parfaits.
Chansons bulles-de-savon, chorégraphie subtile, mouvements de caméra bluffants à l'appui, le spectacle est total qui vient remettre à l'honneur un genre indispensable en époque troublée.
Vive le cinéma !



 

Les mi-bas, c'est chic


Les jeunes urbains, pourtant, même par grand froid, ont choisi cet hiver d'aérer leurs
chevilles : ils ne se départissent plus de leurs socquettes de sport.
Brrr...

dimanche 5 février 2017

Jeune homme nu à sa fenêtre*


* Si vous saviez le mal que je me suis donné pour trouver ce titre.



Androgyne et Fellinien

Le jeune modèle Andrei Dobrin par Baud Postma
Bon dimanche !

Cadeau : de l'amour et du Bach



C'est une transcription pour piano, par Busoni, d'un très beau choral de Bach, Ich ruf zu Dir, Herr Jesu Christ.
Mais tout n'est-il pas "très beau" en Bach ?
C'est une œuvre que je joue souvent pour entrer dans une journée neuve.
Et je fus ému, à ce titre, de l'entendre dans le film Amour, où le pianiste Alexandre Tharaud fait sa première apparition à l'écran.
Il y a beaucoup d'autres émotions qui vous traversent à la vision de ce film, dont je réalise, près de cinq ans après sa sortie, qu'il n'a cessé de m'accompagner.


Douceur matinale


samedi 4 février 2017

Silhouette


Pour éviter les maux d'estomac...

ma grand-mère
avait cet adage mnémotechnique :
"fruit sur lait, bonne santé ;
lait sur fruit fait "mourir".
(Manger un fruit après le lait ou ses dérivés,
jamais le contraire.)
Et bien, c'est vrai !

L'ange prodigieux

Stupéfiant,
ce garçon à la voix venue d'une autre planète.
Il y a longtemps que je n'ai reçu un tel choc.
Souhaitons que le "showbiz" ne l'abime pas.



Il s'appelle Dimash Kudaibergen, 23 ans, Kazakh, lauréat d'un concours de chant
(l'équivalent de "La voix") en Chine. 

 

Sous les meilleurs auspices

Je parierais
que c'est en Italie.

vendredi 3 février 2017

Effets de manche

Collection Eadweard Muybridge (1887)

Ragazzo d'Helbig

Photo Konrad Helbig

Moonlight : à voir, évidemment !

Après avoir grandi dans un quartier difficile de Miami, Chiron, un jeune homme tente de trouver sa place dans le monde. Moonlight évoque son parcours, de l’enfance à l’âge adulte.

Le synopsis d'Allo Ciné est bien léger.
Il faut savoir que le jeune homme en question est noir et homo, ce qui change tout.
Est-ce pour cela que le film sort dans... 88 salles seulement, sur tout le territoire ?
Moonlight est à mon programme de sorties en salles obscures.
Je viendrai vous en parler.

Lessive en plein air

Au lavoir, à Naples, en 1895

jeudi 2 février 2017

Caïn et Abel

Photo Anthony Gayton

Victoires de la musique dite "classique"*



Modeste, discret, du genre "taiseux", Adam Laloum, souvent à l'honneur dans ce blog, a reçu la "Victoire" du soliste instrumental de l'année.
J'avais eu l'occasion d'entendre à La Roque d'Anthéron ce pianiste à peine trentenaire qui honore la grande tradition du piano français. Il me fut évident qu'une grande carrière s'ouvrait à lui. Juste récompense.

*L'écoute de Bach, Beethoven, Mahler, Bruckner, Mozart (entre autres) et de ce Schumann, permet de mesurer combien le terme "classique" est dérisoire : plus moderne, plus actuel, voire visionnaire que l’œuvre des compositeurs de génie, je ne vois pas.

Long garçon triste


Théâtre parmesan

Ahmet Ertug - Teatro Farnese, Parma, Italia

mercredi 1 février 2017

Joli monsieur tout nu


Garde (qu'on voudrait) rapprochée


Ah, à midi, à minuit, 
sous le soleil ou sous la pluie, Rome !



Schubert vous va si bien , Madame


Deux acteurs bouleversants dans un film inoubliable

Après le départ d'Emmanuelle Riva, je me souviens de l'émotion qui m'a étreint lors de la projection d'Amour, le grand et beau film de Michael Haneke.
Je me souviens aussi de ma première vision d'Hiroshima mon amour,  un soir d'hiver, dans une salle de cinéma dont le chauffage était tombé en panne. L'atmosphère glaciale, la tonalité du film, si différent de ce que j'allais voir à l'époque (je devais avoir 16 ou 17 ans), on fait que j'ai détesté et que, longtemps, pour briller, je me moquai, me livrant à des imitations caricaturales du jeu des deux acteurs principaux. Je l'ai revu, depuis. Il est trop tard, à présent, pour demander pardon.

Coincé

Carreleur, ce n'est pas un métier facile !