Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


mercredi 16 novembre 2022

Lorenzo, de "Prisma" à "EO"

 



Le "bellissimo" Lorenzo Zurzolo, acteur italien de 22 ans, aime les rôles difficiles : dans la série Prisma (Prime Video), il interprète deux jumeaux, dont l'un s'efforce de trouver son identité. Dans deux films pour ados, très dispensables, il joue un (bel) aveugle. Le début de carrière semble prometteur : on retrouve Lorenzo dans un film de haut niveau, EO, de Jerzy Skolimowski où il est Vito. Entretemps, Lorenzo a fait des apparitions remarquées dans la série italienne Baby (Netflix).

L'un des jumeaux de Prisma

Le beau "ragazzo" du lycée (Baby)

Kolig, jamais "out"


L'Autrichien Anton Kolig (1886-1950) fut le peintre du nu masculin.
Malgré les rumeurs autour de sa bisexualité, il semblerait que l'artiste n'ait jamais assumé ou assouvi ses penchants. Selon Wikipédia, on ne lui connaît pas de relation homosexuelle : il y eut pourtant pléthore de beaux modèles en son atelier de Stuttgart, comme le démontre la photo ci-dessus. Il n'aurait exprimé ses inclinations qu'à travers son œuvre. Sans avoir mauvais esprit, on peut en douter.



Page Wikipédia ici : clic

lundi 14 novembre 2022

Beaux reflets

Photo  Patryck Lebrun

 

Mon amant de Saint-Jean | Épisode 53 : Un autre monde

Des garçons qui s'embrassent...

 Colmar, novembre 1937

   Des garçons qui s’embrassent, des garçons qui se caressent, des garçons nus qui s’unissent jusqu’à l'accomplissement, il y en a des centaines, des milliers, sans doute, dans un monde qui n'est pas le sien. À la pension Bauer, où Roland Sieffert vit cinq jours sur sept depuis son entrée au lycée de garçons, réside aussi, au premier étage, où sont les « grands », l'admirable Quirin, son pays de Neuf-Brisach. Il le voit chaque jour lors des repas pris en commun dans la grande salle à manger où l’odeur de la soupe du soir se mêle à celle de l’encaustique. Son aîné l’a pris sous son aile dès son arrivée à Colmar. Et c’est une souffrance quotidienne. Ne pas l’observer longuement, laisser fuir le regard, l’air de rien, ne pas manifester d’autre intérêt que celui de la conversation : généralités d’ordre scolaire, souvenirs communs de la ville fortifiée, du tournage de La grande illusion, potins…
« Je me suis laissé dire que tu en pinces pour la petite Mathilde ; beau brin de fille ! » Il faut sourire à l'allusion, en connivence, ne pas hausser les épaules, surtout, puisqu’on a décidé de faire semblant.
   La pension Bauer accueille depuis des lustres les jeunes Néo-Brisaciens protestants venus faire leurs études dans la grande ville. Au deuxième étage, celui de ses rêves et de ses cauchemars, le lycéen partage sa chambre – deux petits lits, deux armoires en merisier, un bureau – avec son condisciple Georges Küss. C’est un garçon qu’on définirait d’ordinaire, semblable à tous les autres, pas beau, mais sans disgrâce, rompu aux disciplines sportives, un jeune homme sans aspérités, qui, certains soirs, se fait du bien en feuilletant
Pour lire à deux, dont il a subtilisé un exemplaire caché sous le lit de son grand frère qui ne manquera pas de s’en apercevoir, et tant pis pour la raclée prévisible. À la lueur d’une petite lampe de poche, enfoui de la tête aux pieds sous la couverture de laine, Pierre se repait de ces femmes nues. Cette forme qui s’agite, crescendo, sous la tente improvisée, serait, en d’autres circonstances, d’une irrésistible drôlerie. Dans sa frénétique recherche du plaisir, le garçon peut-il ignorer que son coturne, supposé endormi, ne perd rien de ses divagations solitaire ? L’idée en est venue à Roland : peut-être souhaiterait-il un rapprochement, un partage de l’instant où l’extase culmine. Il parvient, arc-bouté sur ses résolutions, à éloigner de ses pensées la tentation de rejoindre son voisin dans ses divagations solitaires. Et puis, qu’en serait-il de la réaction de ce compagnon de chambre qu’il connaît encore si peu ? Probablement se borneraient-ils à savourer simplement une complicité de jeux « entre hommes » sans conséquences.
   Pendant l’action, son sexe s’est dressé : il est urgent de penser à autre chose, au cours de mathématiques du matin, au dernier film du Colisée, aux cow-boys, aux grands espaces, aux vaches... à Mathilde - en pleurer ou en rire ? - Au râle, étouffé, mais trop distinct, de son camarade, succède, annonçant le sommeil, la respiration enfin tranquille de qui a trouvé la paix. Sieffert, lui, ne connaît pas la sérénité. Il dormira peu. Demain, il répondra enfin à cette lettre de Marcel qui se froisse dans la poche de sa veste depuis si longtemps. Il lui redira plus clairement, malgré le sentiment d’avoir été compris entre ses lignes maladroites, ce qui fait son tourment de chaque instant. Le Montpelliérain lui a écrit sans détours qu’il a un amant. Il lui dira qu’il ne peut en avoir, qu’il se sent incapable de toute tentative d’approcher un camarade, si charmant soit-il, et, encore moins de faire à l’autre Roland, l’aveu du désir qui l’accable.
(À suivre) 
©  Louis Arjaillès - Gay Cultes 2022
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Pierre se repait de ces femmes nues...


Illustrations
1 / Photo Matt Lambert
2 / Dessin de Jean Olin (Pour lire à deux, 1935)

dimanche 13 novembre 2022

samedi 12 novembre 2022

Antidormi nous réveille

 


Retrouvons ici, à son meilleur,
le beau Christian Antidormi,
vu dans le billet publié ce jour à 7 h 35.
Merci à Eric D., lecteur fidèle et impliqué. 

Après l'effort

Beau Crassus

 Ils sont fous, ces ricains ! 
Plusieurs décennies après le film de Stanley Kubrick, ils ont commis une série sobrement intitulée Spartacus, le sang des gladiateurs dont j'ai eu l'heur de visionner, un soir de disette, un épisode où rien n'est à sauver, si ce n'est la présence (au sens premier du terme) d'un acteur dont on ne retiendra qu'une indéniable apparence fouloulesque. Christian Antidormi, c'est son nom, un patronyme bien venu, car seule son apparition m'a empêché de sombrer dans le sommeil.

Cheveux courts, rasé de près : j'aime bien.

Face à Julius Caesar (si !) : t'es beau quand t'as mal !

vendredi 11 novembre 2022

Garçons nus pour journée chômée


 L'armistice de fin de boucherie, ça se fête : aujourd'hui, des photos d'anges nus !
Vous en plaindrez-vous  ?








mardi 8 novembre 2022

" Ma mère ! Vite ! "


J'avais seize ans. Un après-midi, je fus surpris par ma mère, rentrée plus tôt que prévu, en compagnie d'Hocine. Dans ma chambre, où elle déboula sans frapper, nous étions fort peu habillés. Je lui ai dit que nous avions échangé nos pantalons pour juger de l'effet. Elle y crut. Ou fit semblant d'y croire. 

À quoi pensez-vous ?

lundi 7 novembre 2022

"Mon amant..." : un an déjà !

Aujourd'hui, cinquante-deuxième épisode.
Je suis heureux d'avoir vaincu, parfois, une certaine tendance à la procrastination, mais aussi les divers aléas de l'existence, et de m'être tenu au "challenge" que je me suis imposé. Vos commentaires, vos messages, m'ont vivement encouragé. Soyez remerciés.
L'aventure continue.

Mon amant de Saint-Jean | Épisode 52 : Jeu dangereux

    

(...) épanchements qui nous laissaient flapis ; mais heureux...

   Les semaines qui me séparaient du jour où je reprendrais le chemin de Saint-Jean furent les plus courtes de ma jeune existence : j’étais un élève studieux, l’un des meilleurs, qui n’osais espérer voir mon nom inscrit au tableau d’honneur du premier trimestre. Mes succès scolaires ne faisaient pas obstacle aux plaisirs extérieurs, qu’il s’agisse des divertissements communs aux jeunes gens de mon âge ou de ceux, moins innocents, requis par une sensualité bouillonnante qu’Émile se faisait fort d’apaiser. Les premiers frimas de novembre nous avaient privés de nos effusions de plein air, mais la chambre de Marcel, que mes infinies précautions lors de ma première visite, avaient rendue plus accessible, nous accueillait chaque jeudi pour nous y réchauffer d’épanchements qui nous laissaient flapis, mais heureux, prêts à affronter en toute sérénité les aléas de la vie scolaire. Le dimanche, quand le grand-oncle n’avait pas décrété un repas de famille sans fin, j’allais au cinéma avec les Nathanaël. Je ne pouvais y convier mon jeune amant, de crainte d’avoir avec lui, à la faveur de l’obscurité, un inconvenable comportement. Mais aussi, après la première alerte, parce que notre relation devait rester secrète. Le « cinoche », comme disait Marcel, était source de félicités nouvelles que les spectacles ambulants du village n’avaient pu m’offrir. Grâce à mes deux amis, je rattrapai mon retard : les films étaient déjà vieux d'un an, que l’on diffusait sur de très grands écrans avec un son sans commune mesure avec celui, crachouillant, de la salle communale. Je ne peux oublier mon émotion lors de la projection des Bas-fonds, du grand Renoir, avec le beau Gabin, nos rires convulsifs devant les évolutions de Charlie Chaplin dans ces Temps modernes dont André avait loué les qualités « politiques ». Il détesta toutefois La charge de la brigade légère, film qu’il qualifia de réactionnaire en pleine séance pendant que je me pâmais de la prestance et de la beauté d’Errol Flynn. Longtemps, j’enrageai devant le miroir de ne pouvoir arborer cette moustache en trait de crayon qui était l’un des attraits du bel acteur. De mauvaise foi, Foulques se plaisait à dénigrer ce « gandin qui ne jouait que des rôles de ganaches galonnées ».
   Malgré mes frasques avec l'excitant blondinet, j’entretenais sans faillir ma correspondance hebdomadaire avec Jules, lequel me faisait parvenir des missives qu’enflammait la perspective de nos retrouvailles prochaines. Je m’étais persuadé que les étreintes avec mon camarade Boisselier ne pouvaient altérer la profondeur de mes sentiments pour mon seul et véritable amoureux. Il y avait là quelque duplicité qu’en d’autres temps, j'aurais condamnée avec véhémence. Peut-être ce jeu dangereux m' excitait-il. Pour achever de me disculper, je me disais que, selon le prétendu bon sens populaire, ma jeunesse devait se passer. Le plus agréablement possible. J'ignorais qu'à l'autre bout de la France, un garçon avec lequel j'aurais pu avoir quelques accointances, duquel l'âge et les inclinations me rapprochaient, traversait beaucoup moins aisément la passerelle du temps ; car Marcel n'avait évoqué que trop brièvement sa correspondance avec l'Alsacien. 
(À suivre) 
©  Louis Arjaillès - Gay Cultes 2022
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Errol Flynn


vendredi 4 novembre 2022

D'un même élan


 

Un pneu, mon neveu ! *

Photo Tyler Mitchell

* Mes plus jeunes foloouaires ne connaissent sans doute pas cette expression désuète. Le jour d'hui n'a pas le monopole des trivialités.
Un ami trentenaire use fréquemment, toutefois, d'un "Ah, mes aïeux !" pour le moins surprenant à l'heure actuelle.


 

Braises

mercredi 2 novembre 2022

Champion de machin-truc-chose

 


Ce monsieur se nomme Tyson Dayley.
Son CV indique "champion international de fitness professionnel".
Je n'en doute pas.

En pointillés

 


Ad vitam

 


Au cimetière du Père Lachaise, la tombe est toujours fleurie. Frédéric Chopin, mort en 1849, est toujours présent dans le cœur des amoureux de la musique. Qui se souviendra, deux siècles après, de certains prétendus "génies" d'aujourd'hui ?