Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


mardi 3 décembre 2024

Ragazzo del Mediterraneo

Photo Tony Patrioli

 

En "Teddy"

Le réveil "en fanfare" du cinéma français

Le cinéma français se porte bien. Une salle comble pour En fanfare, dimanche : partager les rires et les émotions avec un public enthousiaste, ça fait du bien ! Ce film est LE cadeau à s'offrir pour cette fin d'année. En outre, je ne pensais pas vibrer à l'écoute du sempiternel Boléro de Ravel. Il est ici revu de fort belle façon, mais je ne divulgâcherai pas

Pierre Lottin (à gauche) et Benjamin Lavernhe, remarquables !

Maman, j'ai rêvé...

que
j'étais
hétéro !

lundi 2 décembre 2024

Je lis, je suis, je vis

Il ragazzo della Piazza del Popolo *

Rome, février 2012 - Silvano




La table voisine.
Il doit avoir vingt-deux ans, pas plus.
Et pourtant, j'en suis sûr, il y a presque le même nombre d'années, oui, j'ai possédé ce corps-là.
Il ne s'agit nullement d'une exaspération du désir. Je viens, du reste, à peine d'entrer dans le casino ; je n'ai pas eu non plus le temps de beaucoup boire. Ce corps-là, moi, je l'ai connu.
Et que je ne me rappelle pas où – cela n'y change rien. Ah, voilà, maintenant qu'il s'est assis à la table voisine, je reconnais ses moindres gestes – et sous les vêtements,
je revois nus les membres bien-aimés.

Constantin Cavafis




J'avais pris cette photo depuis le Caffè Canova, là où se rencontraient autrefois Pier Paolo Pasolini, Alberto Moravia, et Federico Fellini, entre autres inoubliables figures.

Sous l'image, j'avais écrit le texte suivant :

Assis au Canova, je sursautai, à la grande surprise de mes convives.
Je leur dis que je photographiais la place, fort animée en ce mardi gras, mais c'est lui que j'immortalisai.
Ce n'était pas possible, ce ne pouvait être lui, surgi de mon passé ?
Et pourtant, mon appareil-photo moderne, numérique — par quel philtre sorcier ?- me le restitua ainsi, telle une vieille photo d'autrefois, issue d'un vieux Leica ou d'un Rolleiflex antédiluvien.
Élégant ragazzo, tu ne sauras jamais à quel point tu lui ressembles. 



* Le garçon de la "Piazza di Popolo"


dimanche 1 décembre 2024

Doux réveil

La tendresse d'un (vrai) génie

 Ce sont quelques-unes des plus belles pages de l'histoire de la musique. Ici, deux immenses musiciens servent le génial – pour une fois l'adjectif n'est pas dénué de son sens - Beethoven. Krystian Zimerman, pianiste, est accompagné par le prestigieux Wiener Philharmoniker (Philharmonique de Vienne) que dirige Leonard Bernstein.
Bon dimanche !

vendredi 29 novembre 2024

Allo papa, bobo !

Vitor Lodi par Italo Gaspar

 

"Ce qui nous rend différents et uniques n'est pas quelque chose dont nous devrions avoir honte."

Manu Rios, un peu guindé, en costume pour la cérémonie

 

C'est ce qu'a déclaré Manu Rios, élu "homme de l'année" du magazine GQ, lors de la cérémonie des récompenses.
Beau message par les temps qui puent courent.

On peut le préférer comme ça
ou dans Elite (saison 4).

jeudi 28 novembre 2024

Extase

Reste avec moi

Extraits d'un beau film :
Boys | Jongens
Un film de  Mischa Kamp
Pays-Bas 2014
La chanson Stay with me est interprétée par Alex Goot

Roma : arcobaleno (arc-en-ciel)

 


Pagode parisienne

Le cinéma La Pagode, lieu historique du septième arrondissement, a fait l'objet d'une minutieuse restauration. Il devrait rouvrir ses portes à la fin de l'année ou au début 2025.

mercredi 27 novembre 2024

Dessert lacté

Photo G Vizmanos

Un amour comme le leur

Ko Zandvliet et Gijs Blom (Marc et Sveig) | Boys/Jongens 

Caruso : immortelle émotion


Sans doute l'une des grandes chansons de nos deux siècles.
Pour nous consoler des versions calamiteuses de Florent Pagny, Lara Fabian et autres Mireille Mathieu, voire Patrick Bruel (si !), cette très grande interprétation de son auteur, le regretté Lucio Dalla, en compagnie de l'immense Luciano Pavarotti.

lundi 25 novembre 2024

Attention, fragile

Photo de Ryan James Carruthers


"Angoisses et autres"



J'ai peur que tu ne t'offenses
lorsque je mets en balance
dans mon cœur et dans mes œuvres
ton amour dont je me prive
et l'autre amour dont je meurs

Qu'écriras-tu en ces vers
ou bien Dieu que tu déranges
Dieu les prêtres et les anges
ou bien tes amours d'enfer
et leurs agonies gourmandes
Justes rochers vieux molochs
je pars je reviens j'approche
de mon accessible mal
mes amours sont dans ma poche
je vais pleurer dans une barque

Sur les remparts d'Édimbourg
tant de douleur se marie ce soir
avec tant d'amour
que ton cheval Poésie
en porte une voile noire

Max Jacob (mort dans le camp de Drancy en mars 1944)
Photo Sergey Vinogradov
Portrait de Max Jacob par Modigliani

dimanche 24 novembre 2024

On rejoue le match ?

 




Foulalalalalala, quel pianiste !


Trifonov est grand.

Si vous préférez Sofiane Pamart, veuillez quitter ce blog immédiatement !

C'est quoi*, ce truc ?


* On n'emploie plus "qu'est-ce que c'est"
ou "quel est".
Et encore moins "qu'est-ce".

samedi 23 novembre 2024

Le jean : indémodable

Imaginez :

Photo Piergió Joremia

Vous sortez de votre jolie maison,
et le bel Erwan Jeammot,
du Ballet du Rhin,
vous attend sur le seuil.

Avec des fleurs


J'ai cueilli ce joli court métrage en butinant au fil de YouTube.
(Les sous-titres (pour malentendants) sont quelque peu aléatoires.)

vendredi 22 novembre 2024

Minou minou !

1992/1993/1994 : de l'opération "mains propres " au "Cavaliere". Passionnant !

 Milan, début des années 1990. Pour mettre fin à la collusion entre hommes politiques et chefs d’entreprise, le procureur Di Pietro lance l’opération “Mains propres”. Mais l’affairisme a la vie dure… Une excellente série qui, sur trois saisons, suit les destins de cinq personnages dans une Italie rongée par la corruption et marquée par l’irrésistible ascension de Silvio Berlusconi.

Excellente idée que celle d'arte.tv que de diffuser cette série italienne, autrefois diffusée sur un support payant. Du fric, beaucoup de fric, des magouilles, des intrigues, des chausse-trappes, du sexe, des traîtres : par moment, c'est excessivement… italien, et j'adore !
Et puis Stefano Accorsi, n'est-ce pas ?!

Bande-annonce 1994


Pour regarder les trois saisons de la série, c'est ici : clic

Stefano Accorsi 1992 (première saison)


De circonstance

Texte de Serge Gainsbourg, réalisation Jean-Christophe Averty

Glenn Gould était fan de Petula, dont il appréciait le charme et l'humour très "british".
J'adore sa chanson Downton, qu'interprétaient les acteurs (dont mon ami Olivier),
du joli film de Bernard Rapp Un petit jeu sans conséquences.
Petula Clark vient de fêter ses 92 ans.
Belle longévité pour une chanteuse, compositrice et actrice,
qui débuta, enfant, en tant qu'animatrice à la BBC
pendant la Seconde Guerre mondiale.
  

jeudi 21 novembre 2024

Avec gourmandise

Ce modèle tout cuir se nomme William Cardone.
William est italien, 
comment je le sais ?

Soyons frivoles !

Le bel Omar Rudberg, vu dans la série Young Royals, a un joli filet de voix.
Ici, en "live", il chante avec le sympathique pianiste Jonatan Lahti 
Laissons battre nos cœurs de midinettes !

C'est la faute à qui, alors ?

L'autre jour, en titrant un billet "Le nez dans le ruisseau", je faisais allusion à la Chanson de Gavroche de la comédie musicale Les misérables, dans la version originale française (1980), que voici :

mercredi 20 novembre 2024

Tous à la cueillette !

Le connaissez-vous ?

 

Il crève l'écran dans le palmé d'or Anora.
Une sorte de Timothée Chalamet survitaminé qui s'appelle Mark Eydelshteyn (ou Eidelstein).
À 22 ans, ce jeune acteur russe, venu du théâtre et de la télévision, ne devrait pas s'inquiéter pour sa carrière : il a tout pour atteindre les sommets.

À suivre, donc.

Voix divine

mardi 19 novembre 2024

Le nez dans le ruisseau

C'est la faute à... ?

En "une" d'un petit magazine

En vrai

Bientôt Noël, plaisir d'offrir... Tombe, Victor !

Un ami m'a signalé ce joli commentaire concernant mon roman, repéré sur le site Babelio.

[Plusieurs personnages se partagent le devant de la scène, dans ce roman, mi-journal, mi-récit à la première personne. Paul, le narrateur, raconte son adolescence dans une ville de la Côte d'Azur (avec sa mère, son frère et son père.)
Victor, son ami et premier amour, dont je voudrais bien ne vous dire que du bien, mais ce n'est pas toujours le personnage le plus sympathique de l'histoire... cependant, il est indispensable dans le cheminement de Paul vers lui-même. C'est un personnage partagé entre certaines envies... (Paul) et d'autres envies (les femmes) et exprimées souvent "franco", sans nuances.
Des élèves de collège, dont celui qui réserve quelques surprises (l'auteur lui donne quelquefois la parole)... de la graine de "loubards", des professeurs...
Le climat de l'époque est magnifiquement reconstitué. Au quotidien... (les courses à la boulangerie), les "boums", les voitures, les stations chez le disquaire et ses cabines pour écouter des disques (sympathique...), le climat musical (Joan Baez et Here's to you... (Sacco et Vanzetti, Claude François, etc.) Et même les jeux d'Intervilles.
Et puis apparait enfin Angelo, le garçon italien, mal vu des habitants de la ville, victime de ce racisme anti-italien des années 45-50-60... mais au demeurant, un des plus attirants, des plus attachants, dans le roman.
Roman d'initiation, donc, où le narrateur se trouvera aussi à travers le piano et la musique, puis des amis bienveillants (son frère, le disquaire, comme adulte bienveillant...) un amour (précisons, Ange...) mais aussi où il devra faire face à l'épreuve d'une dénonciation, hélas, et d'une séparation.]

Merci mille fois à son auteur(e).
Silvano/Louis

On peut commander le livre chez les libraires ou à la FNAC.


Jardins dans l'île

Giardini La Mortella, Ischia, Italia | Photo Manfredi Gioacchini

lundi 18 novembre 2024

À quoi rêvent les jeunes hommes ?

Sur le vif, par Winter Vandenbrink

N'écris pas.

 N'écris pas, je suis triste et je voudrais m'éteindre

Les beaux étés, sans toi, c'est l'amour sans flambeauJ'ai refermé mes bras qui ne peuvent t'atteindreEt frapper à mon cœur, c'est frapper au tombeau
N'écris pas, n'apprenons qu'à mourir à nous-mêmesNe demande qu'à Dieu, qu'à toi si je t'aimaisAu fond de ton silence, écouter que tu m'aimesC'est entendre le ciel sans y monter jamais
N'écris pas, je te crains, j'ai peur de ma mémoireElle a gardé ta voix qui m'appelle souventNe montre pas l'eau vive à qui ne peut la boireUne chère écriture est un portrait vivant
N'écris pas ces deux mots que je n'ose plus lireIl semble que ta voix les répand sur mon cœurQue je les vois briller à travers ton sourireIl semble qu'un baiser les empreint sur mon cœur
N'écris pas, n'apprenons qu'à mourir à nous-mêmesNe demande qu'à Dieu, qu'à toi si je t'aimaisAu fond de ton silence, écouter que tu m'aimesC'est entendre le ciel sans y monter jamais
N'écris pas

Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859)

Bonus :
Julien Clerc
a composé une très belle mélodie sur ce poème :