Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


samedi 19 octobre 2019

Peter Watson, l'ange oublié


Sur cette photo de la fin des années 30, le photographe et créateur de costumes pour films Cecil Beaton, le multi-millionnaire et play-boy gay Peter Watson et son amant de l'époque, le scénographe Oliver Messel. 
Watson (1908-1956) n'aura laissé que des notes de bas de pages dans les ouvrages de l'époque sur ses amis plus célèbres : il fut pourtant un collectionneur d'art et mécène qui finança de jeunes peintres britanniques tels que Freud, Francis Bacon et John Craxton. Il apporta également des subsides à la revue Horizon dont les moindres des contributeurs avaient pour noms Christopher Isherwood, WH Auden, George Orwell, Graham Greene, Bertrand Russell et Virginia Woolf.
Oliver Messel et un Peter Watson toujours vêtu avec recherche
En fin de compte, ce brillant personnage, mort à l'âge de 48 ans, fut l'amour d'une vie pour Cecil Beaton avec lequel il entretint une amitié purement platonique !
Pour Beaton, dont le désir ne fut jamais assouvi alors que Watson ramassait des garçons à la pelle dans les boîtes de Londres, Paris, ou Berlin, "Peter", possédait "une beauté bestiale et subtile ... et ses fesses, sa maigreur et ses longues jambes et ses bras tendus, son cou et ses grosses mains en font un idéal".
Watson est mort chez lui, dans son bain, dans de mystérieuses circonstances en 1956, peut-être des mains de son amant du moment.
Très en deçà de la mort idéale qu'il aurait souhaitée, déclarant au début de la guerre froide "lorsque la bombe à hydrogène explosera, je veux me désintégrer dans… une poussière constituée de plâtres de la Renaissance, de tables de William Kent, de Picasso, de brandy et d'Alban Berg"

 L''artiste russe Pavel Tchelitchew  peint Peter Watson assis
© Archives du studio Cecil Beaton chez Sotheby's
Au Royaume Uni, Adrian Clark et Jeremy Dronfield ont publié en 2015 une biographie visant à faire sortir le beau Peter de l'oubli, sous le titre Queer Saint (Ed. Métro).
L'ouvrage n'a pas été traduit en français.

Appétissant


vendredi 18 octobre 2019

Sans hésitation ?

Photo d'Eber Figueira

Kiloutou ?


Non, ce genre d'établissement n'existe pas à Baltimore.
C'est un malicieux détournement (mais par qui donc ?) d'une célèbre photo de A. Aubrey Bodine (1906-1970) que voici :


Bluffant !


International Ballet Festival, Miami 2012 - Arcadian Broad (Orlando Ballet), 16 ans à l'époque, remportait le grand prix avec cette performance.Il est également l'auteur de la chorégraphie.

S'élever

Projet Uso dei libri, Brad Downey, Rome 2015

ou
non

Aussi. Toute la série : clic


mardi 15 octobre 2019

Isham

© Olivia Arthur, Magnum Photos
Isham photographié chez ses parents, à Bombay, en 2016.
Photo extraite de l'exposition Illuminating India regroupant des
clichés effectués entre 1857 et 2017. Elle fait partie d'une section
concernant des photographies de la communauté LGBT de Mumbai.

Automneries 2019, numéro 4

Voir la musique

Quand j'étais adolescent, l'un de mes voisins, un veuf vénérable d'une soixante d'années, me recevait chez lui pour des séances d'écoutes de disques sur un matériel ultra sophistiqué de très haute fidélité.
Deux fauteuils Voltaire nous accueillaient entre les bras desquels nous écoutions, les yeux clos, les grandes œuvres du répertoire jouées à fort volume : en poussant les décibels, mon hôte semblait vouloir me convaincre de la qualité de la chaîne qu'il avait savamment constituée. C'était le temps où les amplis étaient "à lampe", qui envoyaient leurs signaux à de volumineuses enceintes suffisamment espacées pour que l'on jouisse pleinement de la stéréophonie. Le programme comportait, je m'en souviens, des pièces particulièrement adaptées, du Sacre du printemps à Shéhérazade en passant par la 6e de Tchaïkovski dite Pathétique dirigée par Monteux, et je me souviens que la marque "Living Stereo" constituait l'essentiel de la discothèque de mon audiophile : c'était, affirmait-il, la garantie des meilleures prises de son et de pressages de même niveau.
Ces moments me revenant, je pense inévitablement à l'immense pianiste que fut Sviatoslav Richter qui, de son temps, réunissait un petit cercle de proches pour écouter des disques dans son salon, religieusement, comme on écoute un concert.
C'était à une époque où l'on ne regardait pas la "télé" en guise de veillée.
J'ai déjà écrit dans ces mêmes chroniques d'automne, la première, que ce type de cérémonie se produisait parfois chez moi avec un ami non-musicien qui adore que je lui fasse écouter une oeuvre pour piano en la suivant du doigt sur la partition. Il adore ça, il dit qu'ainsi je lui permets de "voir la musique".


Alexandre le (déjà) grand, de Milan(o) à Pékin




Je me suis inscrit à la "page Facebook" du tout jeune pianiste russe Alexander Malofeev pour lequel, ici-même, j'ai tenté de partager mon engouement. J'avais notamment relaté la formidable ovation qui avait salué son interprétation du Concerto pour piano et orchestre de Grieg en conclusion des folles journées de Nantes. Le gamin (18 ans) parcourt allègrement le monde pour porter le flambeau de la jeune garde du piano. Les mélomanes ont pu l'applaudir lors d'une récente tournée italienne - je l'ai manqué de peu à Bologne -, il a joué avec le même succès à La Roque d'Anthéron cet été, parcourt la Russie de long en large, et on l'attend à Paris au cours de l'hiver.
Dimanche dernier 6 octobre, il était à la Scala de Milan(o) pour jouer le périlleux Concerto n°3 de Rachmaninov sous la baguette du grand Riccardo Chailly avec l'Orchestre du Festival de Lucerne désormais fameux.
Alexandre, le maestro Chailly et l'orchestre ont quitté l'Europe et se produisent actuellement en Chine.
Ils ont fait un triomphe au National Centre for the Performing Arts de Beijing (Pékin) où ils commençaient leur périple dans l'immense pays, où la musique classique est plus qu'appréciée.*

Pékin (Beijing) après "Rachma"

Fin de concerto à la Scala, 8 octobre 2019

Page fb d'Alexander Malofeev : clic


Notre douleur, notre gloire


Antonio et Pedro en couverture de Variety, plus gloire que douleur

Avec tout ça (la rentrée, l'adieu au farniente...), il m'avait échappé que les DVD et Blu-ray de Dolor y Gloria (Douleur et gloire) étaient enfin dans le commerce.
J'insérai ici la scène la plus "caliente" du film la semaine dernière sans me douter que l'on pouvait (enfin !) la voir à loisir à la maison, autour de laquelle, tout de même, un film bouleversant, sans doute le meilleur Almodovar depuis la grande époque de Tout sur ma mère, Parle avec elle, et autres Volver.
Le disque est accompagné de quelques suppléments sur les coulisses du tournage.
Ayant beaucoup apprécié Parasite
Un placement sûr. (C'est chez Pathé)




"Pacifiques" ou "Pacifistes" ?


Le monsieur, là, au milieu, est un pacifiste

C'est une vue (partielle, seulement, hélas !) de l'état des lieux en matière de vocabulaire.
Il a suffi qu'un péquin, lors des premières manifestations du mouvement appelé "des gilets jaunes" proclame "nous, on est des gens pacifistes" pour que tout le monde emboîte le (faux) pas, médias en tête.
Personne n'a rectifié, personne n'a cru bon d'expliquer que le pacifisme est une idée, un mode de pensée, que je peux me déclarer "pacifiste" (un nom commun) si je refuse tout conflit armé, ou "pacifique" (un adjectif) pour signifier que je n'ai pas d'intention belliqueuse.
Ainsi, un adjectif est quasiment rayé du langage avec la complicité des journalistes (vous savez, les "cékoi" et autres "vousenditeskoi" etc. !) et un substantif qui n'avait rien demandé est privé de son sens.

Ici tout est pacifique.
Même l'océan.
* Alexander Malofeev donnera un récital à Paris, le mardi 19 novembre Salle Gaveau.
J'y reviens prochainement.

lundi 14 octobre 2019

Ach, la dizipline !

Ach, verboten !
Si vous marchez sur une piste cyclable à Vienne,
attendez-vous à recevoir une leçon en langue gutturale
qui rappelle, par ses intonations, les films sur la guerre et la résistance.
(On notera, au passage, le net recul des fascistes aux dernières élections en Autriche, allez louya ! )

À Paris, si vous roulez à vélo sur la piste marquée à cet effet et que vous
donnez un petit coup de timide drelin-drelin, vous vous faites insulter, voire pire.
J'ai entendu une jeune femme se faire traiter de salope pour ce motif pas plus tard qu'hier, boulevard Barbès.

Tizeure

Oh oui, de bout en bout, surtout s'il y a des zimages !



Demain mardi,
le numéro quatre
de ces "Automneries"
que certains d'entre vous
lisent de bout en bout, bravo !


James Yates par Leonardo Corredor 


dimanche 13 octobre 2019

Encore un petit sursis...


avant de remettre le chauffage.

Bon dimanche !

L'étonnant Monsieur Orlinski



Surprendre dans cet air entendu tant de fois tient de la gageure.
Le jeune contre-ténor Jakub Józef Orliński relève le gant, nous offrant une interprétation qui confirme qu'il est une révélation majeure de ces dernières années.