Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


mercredi 18 décembre 2024

À Santo Stefano di Sessanio

Carnet de voyage du photographe Igor Mattio :

"Le voyage se poursuit jusqu'au village médiéval de Santo Stefano di Sessanio, un joyau architectural largement détruit lors du tremblement de terre de 2009, mais magistralement reconstruit grâce à la détermination d'individus tenaces engagés à préserver son patrimoine. Nous séjournons dans un "hôtel dispersé" (albergo diffuso), logeant dans une suite répartie soigneusement sur deux étages.



Le miroir se transforme en une passerelle métaphorique, non seulement une surface réfléchissante, mais un portail où le sujet affronte le poids de ses ambitions, l'ombre de ses peurs et l'espace inexploré entre sa réalité actuelle et son moi imaginé. La composition adoucit délibérément les frontières entre la réalité et l'imagination, nous laissant à méditer : est-ce un jugement brut, honnête, ou un aperçu fugace d'une version idéalisée qui n'existe qu'à l'intérieur de son esprit ? "

Santo Stefano di Sessanio (Abruzzes)

mardi 17 décembre 2024

Marisa de nos amours

Talons aiguilles

Marisa Paredes, l'actrice fétiche de Pedro Almodovar, a quitté ce monde, apprend-on ce mardi. On se souvient, entre autres chefs-d'œuvre, de ses rôles habités dans Tout sur ma mère, Talons aiguilles ou Parle avec elle. Marisa Paredes avait 78 ans. Tristesse infinie.

La fleur de mon secret


Entrelacés

Photo Igor Mattio 1986

"Leurs enfants après eux" : fulgurant !

J'avais lu le roman "goncourisé" de Nicolas Mathieu et redoutais quelque peu son adaptation cinématographique. Réalisé de mains de maîtres, avec, notamment, de beaux plans-séquence, une bande son qui faisait danser sur son siège un jeune spectateur et un final visuellement vertigineux (j'étais au deuxième rang) ! Paul Kircher, sublime, et toute la distribution sont formidables ! Mention spéciale à Gilles Lellouche qui se bonifie en vieillissant : c'est son meilleur rôle, à mon humble avis. Ludivine Sagnier est parfaite. Quant à Sayyid El Alami qui a le "mauvais rôle", c'est un jeune acteur exceptionnel. Un grand moment de cinéma.

Gilles Lellouche, Paul Kircher et Ludivine Sagnier

Paul Kircher

Paul Kircher, Angelina Woreth et Sayyid El Alami : magnifiques !

Voyage d'hiver

lundi 16 décembre 2024

Boucles noires

"Boucles noires", mort à la guerre


Vénéré de nos jours en Italie comme chanteur-poète majeur, Fabrizio de Andrè (1940-1999), anarchiste convaincu, influencé, disait-il, par Brassens ou Bob Dylan, lutta toute sa vie, à travers ses œuvres, pour combattre toutes les exclusions.
Avec la magnifique chanson Andrea, il chante la douleur d'un garçon qui a perdu son Ami soldat à la guerre, tué dans les montagnes du Trentin lors de la "grande" guerre.
Cette chanson courageuse, l'une des rares à célébrer une relation amoureuse entre hommes dans un pays réputé très homophobe, a finalement trouvé un public sur YouTube où le nombre de "vues" et les témoignages émus lui rendent justice.
La sincérité finit toujours par emporter l'adhésion.

Voici une traduction quelque peu approximative de ce très beau texte qui se réfère sans doute, donc, à la guerre des Alpes 1915-18 (l'Italie avait déclaré la guerre à l'empire austro-hongrois) qui fit environ 140 000 victimes, en particulier autour de la montagne appelée Cima Palon (Monte Pasubio).

Andrea s'est perdu, s'est perdu et ne sait pas revenir
Andrea avait un amour
Boucles noires
Andrea avait une douleur
Boucles noires.
Il était écrit sur la feuille qu'il était mort
sous les drapeaux
C'était écrit, la signature était en or,
une signature de roi
Tué dans les montagnes
de Trente
par la mitraille.
Yeux couleur forêt
paysan du royaume
profil français
yeux couleur forêt
soldat du royaume
profil français
Andrea a perdu, perdu l'amour
la perle la plus rare
Andrea a dans la bouche, dans la bouche une douleur
la perle la plus sombre.
Andrea cueillait, recueillait des violettes
au bord du puits
Andrea jetait les boucles noires
dans le cercle du puits
le seau lui dit, lui dit "Monsieur,
le puits est profond
il a plus de fond que le fond des yeux
de la nuit des larmes".
Lui répondit "il suffit, il suffit qu'il soit plus profond que moi".

Andrea est l'une des chansons de l'album Rimini (1978)

Rediffusion d'un billet de février 2018

Note ce jour, 16 décembre 2024

Le refrain de la chanson a été repris, note pour note, pour la chanson Je ne suis que de l'amour, chantée par Nicole Croisille sur un texte de Delanoë, "musique" de Pierre Bachelet (BO du film Histoire d'O). Dans les crédits, aucune mention de De Andrè, lequel, anarchiste, libertaire, n'était pas du genre procédurier. Pourtant, le plagiat est flagrant.

dimanche 15 décembre 2024

J'ai un doute :

Vas-tu apprécier le plaid que j'ai tricoté pour toi ?

Grieg unit les générations, cool !

Daniel Lozakovich, violon, et Mikhail Pletnev, piano
honorent Edvard Grieg dans cette très belle version de la
Chanson de Solveig, extraite de la célèbre suite Peer Gynt.

Bon dimanche !

samedi 14 décembre 2024

Au milieu de nulle part

Photo Alexis Robardet

Un ragazzo à Rome

 

Photo Igor Mattio

"Thé et sympathie" : De la difficulté d'être ce que l'on est


Le film de Vincente Minnelli, avec la sublime Deborah Kerr, raconte l’histoire de Tom Lee, un jeune étudiant sensible aux arts et désintéressé des préoccupations des garçons de son âge (qui se rattachent davantage au sport, relations sexuelles, alcool et tutti quanti). Pensez donc : on l'a vu coudre sur la plage et il écoute de la musique classique ! Cette divergence d’intérêts en fait la victime des persécutions de ses camarades, questionnant et remettant en question sa sexualité. Sa solitude va lui permettre de se rapprocher de Laura Reynolds, la femme d’un professeur incomprise par son mari et vivant dans un environnement dans lequel elle peine à trouver sa place.

Je ne crains pas d'écrire que ce film de 1956 est un chef-d'œuvre que l'on peut regarder via deux excellentes plateformes, Univers Ciné et La Cinétek (pour 2 euros !).

Ci-après, un montage d'un admirateur, qu'une jolie chanson accompagne, et la bande-annonce de l'époque :



vendredi 13 décembre 2024

Indiscrétion

 

Faut-il traduire ?

Vingt Dieux : vivement recommandé


L'année 2024 est décidément un excellent cru pour le cinéma français. La principale qualité du film de Louise Courvoisier, c'est sa sincérité. Son jeune acteur, Clément Faveau, est une véritable révélation, tant il est criant de vérité, et pour cause : ce n'est pas un professionnel, à l'instar de ses partenaires, dont Malwène Barthelemy, fermière isolée, parfaite, ainsi que la bande de copains de "Totone". C'est vif, parfois drôle, très émouvant. Une bouffée d'air frais.

Luna Garret (Claire) et son grand frère (Totone)

Synopsis :

Totone, 18 ans, passe le plus clair de son temps à boire des bières et écumer les bals du Jura avec sa bande de potes. Mais la réalité le rattrape : il doit s’occuper de sa petite sœur de 7 ans et trouver un moyen de gagner sa vie. Il se met alors en tête de fabriquer le meilleur comté de la région, celui avec lequel il remporterait la médaille d’or du concours agricole et 30 000 euros.

Très "cosy"

jeudi 12 décembre 2024

Café et sympathie *

* Les cinéphiles feront
le rapprochement.
D'autant que le film "nous" concerne.

Chronique en préparation.