C'est avéré, hélas : nombre de jeunes, gays en particulier, votent pour le Rassemblement national. J'ai tenté de convaincre, en vain, l'un de ces garçons, dont beaucoup se rendront aux urnes pour la première fois en 2027. J'ai même eu droit à un panégyrique de la meuf d'Eric Z ! Les explications sont fort simples, pour ne pas dire simplistes, mais parfois compréhensibles. Certains (mon interlocuteur, en l'occurrence) ont eu maille à partir avec des jeunes issus de l'immigration, pour affirmer que les agressions homophobes sont le fait de cette partie de la population, abrutie par les discours religieux et une interprétation biaisée du Coran, ce qui n'est pas faux. D'autres, rencontrés lors de soirées festives, disent "avoir peur" pour expliquer leur adhésion. Ils signalent que ce parti compte dans son staff de nombreux homosexuels que je ne nommerai pas : on les connaît tant ils sont les invités récurrents des chaînes d'info. Ces homos visibles ne sauraient dissimuler ce que le mouvement compte d'enragés dans ses militants et dans ses électeurs, une masse animée de la foi du charbonnier, que ni la condamnation de la candidate pour des faits d'une extrême gravité, ni l'attitude si peu "près du peuple" de son coéquipier, ne convainquent pas. Jamais ils ne diront que des agressions peuvent être le fait de l'ultra-droite : les fafs, sans euphémisme. Quant à l'Histoire, ils l'ignorent, croyant avoir affaire à un parti prétendument démocratique.
Je colle ici, pour réflexion, un texte d'un Montpelliérain, François Villette, qui réagit à un article paru dans Le Parisien (voir ci-dessus).
Ce qui m’inquiète peut-être le plus, c’est ce qui se passe dans les établissements scolaires, parfois très tôt. Des discours masculinistes et virilistes peuvent y rencontrer des conceptions religieuses radicales et les prêches de prédicateurs islamistes. Le problème n’est plus alors seulement celui de quelques insultes ou de quelques individus, c’est celui de la transmission d’une vision du monde qui conteste progressivement nos libertés.
Il y a une dizaine d’années, une scène de The Handmaid’s Tale m’avait profondément marqué. Une professeure homosexuelle montre sur son téléphone la photo de sa femme et de son enfant. Son doyen, lui-même homosexuel, lui explique que « par les temps qui courent », ce n’est plus très prudent. Il a lui-même retiré les photos de son compagnon.
Quelques jours plus tard, on le voit pendu dans l’enceinte de l’université avec une pancarte oû est écrit "PIG". Et les étudiants passent devant lui, indifférents ou presque, a part une jeune fille effondrée
À l’époque, cela semblait être une dystopie.
Mais depuis, un professeur a déjà été décapité en France par un fanatique pour avoir simplement fait son métier. Et certaines scènes de fiction commencent dangereusement à ressembler à des avertissements.
Le « plus jamais ça » ne suffit pas face à ceux qui prétendent tirer d’une injonction divine le droit de décider qui peut vivre librement, ni face aux idéologies qui prospèrent sur nos renoncements. Ce qui est en train de se jouer mérite mieux que des indignations rituelles. Les forces qui s’agitent contre notre mode de vie profitent de nos faiblesses et de notre naïve tolérance. Elles profitent aussi de la peur qui commence à monter, à force de ne pas avoir voulu regarder la réalité en face.] François Villette
Flippant, tout ça.
6 commentaires:
Flippant, non ! Réalité très bien décrite !
Moyen-Orient et Afrique du Nord, sur 500 000 personnes : MOYEN-ORIENT ET AFRIQUE DU NORD (MENA)
* Contre l'homosexualité (rejet social) :
445 000 personnes (89 %) | Rejet quasi unanime établi sur des cadres juridiques théocratiques ou confessionnels stricts.
* Contre la transidentité (rejet social) :
450 000 personnes (90 %) | Malgré des exceptions médicales chirurgicales strictes dans de rares pays, l'oppression sociale reste totale.
* Agressivité active / Dangerosité : 125 000 personnes (25 %) | Milices morales, arrestations étatiques massives, tortures et crimes d'honneur familiaux.
Merci beaucoup d’avoir décrit avec d’infinies nuances et une grande sensibilité une réalité très grave et complexe. Votre post est une alerte tellement bienvenue qui évite autant les vaines polémiques que la facilité. Chacun est placé devant ses responsabilités…
Cette avancée des extrêmes droites dans de nombreux pays me fait flipper. Je ne comprends pas que des jeunes gays encore discriminés de nos jours puissent soutenir un parti discriminant. J'ai honte de cette progression de la haine dans mon propre pays.
Je me souviens avoir été accueilli comme un prince en Algérie pour un premier emploi d'expatrié...
Jeter l'anathème en discutant est contre-productif : une minimum de bienveillante pédagogie permettra de convaincre les moins "bas du front".
Bonjour, cela fait longtemps que je ne suis pas revenu vous lire....je sais, j'ai honte !
Je suis très sensible à votre présentation de la situation devenue absurde, de l'homosexuel qui votre droite-extême. Comme présenté, je ne ferme pas les yeux sur les agressions commises par les extrémistes du Coran (souvent ils l'ont lu, mais mal ou comme cela les arrange, hélas) mais le danger immédiat sera le RN qui remettra en cause nos protections législatives chèrement acquises ( amis balayés par le sida, je vous darde et pense à vous), et pas une hypothétique charia mise en place en France. L'extrême-droite et les homosexuels, cette vieille histoire funeste. Bon nombre des cadres du parti nazis l'étaient, au FN, Poullet-Dachary et beaucoup d'autres. Sur la thématique de la montée de l'extrême-droite et la visibilité gay, j'attire l'attention sur une actualité espagnole brulANTE. Le 25 septembre est sorti sur les écrans espagnols le nouveau film des Los Javis (Javier Ambrossi et Javier Calvo) La Bola Negra, prix de la mise en scène Cannes 2026, est un colossal succès en salle, 3 millions d'entées en 3 semaines. La droite, mais surtout l'extême-droite espagnoles sont ulcérées ! En effet, Los Javis avec la Bola Negra (histoires de 3 hommes homosexuels, sur 3 périodes, 1932, 1937 et 2017, en fond historique la Guerre d'Espagne avec comme fil conducteur, une pièce de théâtre inachevée et l’œuvre poétique de Federico Garcia Lorca ) remue la mauvaise conscience de la société espagnole sur 3 thématiques absolument taboues : le traitement des homosexuels pendant et après la guerre et donc sous le Franquisme, l'homosexualité de Garcia Lorca (tabou suprême) et son meurtre par les phalangistes (fascistes, donc). Vox, l'actuel parti d'extrême-droite et ses nervis du net ou ailleurs, attaquent les LGBT dans les rues, indiquent, sans vergogne, ce qu'ils feront parvenus au pouvoir. La Bola Negra tombe incroyablement au bon moment, car le succès du film fait parler dans les familles espagnoles comme jamais auparavant. Des grands-parents homosexuels mais obligés de se marier parlent, des petits-fils après avoir vu le film posent des questions, encore et encore et ont des réponses incroyables. Bien que la Bola Negra ne soit pas un film sur la Guerre d'Espagne, cette thématique ressurgit puissance 10. Les élections anticipées en Espagne seront le 29 novembre. Croisons les doigts ! La Bola Negra triomphe dans tous les festivals, elle représentera l'Espagne comme film étranger aux Oscars prochains, mais une rumeur dans le Hollywood Reporter suggère que le film pourrait engranger un nombre record de nomination. Enfin, dans le film, le couple Sebastian / Rafael est devenu mythique pour les cinéphiles espagnols. Sebastian est tenu par Guitarricadelafuente, un chanteur-auteur-compositeur-interprète au talent absolument extraordinaire (son album Spanish leather 2025 est formidable) dont, chose sidérante, c'est le premier rôle de cinéma et Rafael (dans le film, il joue un personnage ayant existé et que le film ressuscite, Rafael Rodriguez Rapun, le dernier grand amour de Garcia Lorca) est tenu par Miguel Bernardeau, le Gutzman dans la série Elite). Dois-je ajouter que tous 2 sont d'une beauté de la mort-qui-tue ? Le film sort en France le 16 décembre. Ciné-cité du Forum les Halles, le 16/12 je sens qu'il va y avoir du monde !
Enregistrer un commentaire