Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


lundi 21 septembre 2026

Les jeunes gays et le RN : ça craint

C'est avéré, hélas : nombre de jeunes, gays en particulier, votent pour le Rassemblement national. J'ai tenté de convaincre, en vain, l'un de ces garçons, dont beaucoup se rendront aux urnes pour la première fois en 2027. J'ai même eu droit à un panégyrique de la meuf d'Eric Z ! Les explications sont fort simples, pour ne pas dire simplistes, mais parfois compréhensibles. Certains (mon interlocuteur, en l'occurrence) ont eu maille à partir avec des jeunes issus de l'immigration, pour affirmer que les agressions homophobes sont le fait de cette partie de la population, abrutie par les discours religieux et une interprétation biaisée du Coran, ce qui n'est pas faux. D'autres, rencontrés lors de soirées festives, disent "avoir peur" pour expliquer leur adhésion. Ils signalent que ce parti compte dans son staff de nombreux homosexuels que je ne nommerai pas : on les connaît tant ils sont les invités récurrents des chaînes d'info. Ces homos visibles ne sauraient dissimuler ce que le mouvement compte d'enragés dans ses militants et dans ses électeurs, une masse animée de la foi du charbonnier, que ni la condamnation de la candidate pour des faits d'une extrême gravité, ni l'attitude si peu "près du peuple" de son coéquipier, ne convainquent pas. Jamais ils ne diront que des agressions peuvent être le fait de l'ultra-droite : les fafs, sans euphémisme. Quant à l'Histoire, ils l'ignorent, croyant avoir affaire à un parti prétendument démocratique.


Je colle ici, pour réflexion, un texte d'un Montpelliérain, François Villette, qui réagit à un article paru dans Le Parisien (voir ci-dessus).

 [Je suis d’une génération qui pensait avoir tourné le dos à une certaine sauvagerie, qui croyait sincèrement que, grâce aux combats pour les droits des femmes, contre le racisme, l’antisémitisme et l’homophobie, certaines limites étaient définitivement tracées.
Et pourtant, à lire cet article glaçant du Parisien, j’ai parfois l’impression que nous sommes en train de faire le chemin inverse.
Il ne s’agit évidemment pas de demander à chacun d’aimer tout le monde. Je n’ai jamais été naïf, vivre ensemble ne signifie pas nécessairement se sauter dans les bras. Mais il existe des limites, des interdits et une règle simple : chacun doit pouvoir vivre librement sans être menacé pour ce qu’il est ou pour qui il aime.
Ce qui m’inquiète peut-être le plus, c’est ce qui se passe dans les établissements scolaires, parfois très tôt. Des discours masculinistes et virilistes peuvent y rencontrer des conceptions religieuses radicales et les prêches de prédicateurs islamistes. Le problème n’est plus alors seulement celui de quelques insultes ou de quelques individus, c’est celui de la transmission d’une vision du monde qui conteste progressivement nos libertés.
Il y a une dizaine d’années, une scène de The Handmaid’s Tale m’avait profondément marqué. Une professeure homosexuelle montre sur son téléphone la photo de sa femme et de son enfant. Son doyen, lui-même homosexuel, lui explique que « par les temps qui courent », ce n’est plus très prudent. Il a lui-même retiré les photos de son compagnon.
Quelques jours plus tard, on le voit pendu dans l’enceinte de l’université avec une pancarte oû est écrit "PIG". Et les étudiants passent devant lui, indifférents ou presque, a part une jeune fille effondrée
À l’époque, cela semblait être une dystopie.
Mais depuis, un professeur a déjà été décapité en France par un fanatique pour avoir simplement fait son métier. Et certaines scènes de fiction commencent dangereusement à ressembler à des avertissements.
Le « plus jamais ça » ne suffit pas face à ceux qui prétendent tirer d’une injonction divine le droit de décider qui peut vivre librement, ni face aux idéologies qui prospèrent sur nos renoncements. Ce qui est en train de se jouer mérite mieux que des indignations rituelles. Les forces qui s’agitent contre notre mode de vie profitent de nos faiblesses et de notre naïve tolérance. Elles profitent aussi de la peur qui commence à monter, à force de ne pas avoir voulu regarder la réalité en face.] François Villette

Flippant, tout ça.

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