Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


vendredi 11 novembre 2011

Lignes | Home Cinéma

Parfait pour regarder Violence et Passion entre amis, non ?

Luchino Visconti : Violence et Passion (presque rediffusion)


Gruppo di Famiglia in un Interno

Synopsis :
Le professeur a soixante-cinq ans. Autrefois, il enseignait les sciences mais a abandonné lorsqu'il a compris l'usage destructeur qui en était fait. Il a aussi été marié, mais cette union s'est soldée par un échec. C'est pourquoi maintenant le professeur, malade, son cœur flanche, préfère au voisinage des hommes, seule Erminia, la servante, vit auprès de lui, celui de ses innombrables livres et tableaux qui garnissent les murs de son immense appartement de Rome. Le professeur tente, en vain, de s'opposer à la volonté de Bianca Brumonti de lui louer, par l'intermédiaire de Micheli, l'homme de loi du vieil homme, l'étage supérieur de cet appartement.
Bianca, épouse d'un industriel fasciste, est séduisante et sans gêne. Elle s'installe donc avec son amant Konrad et sa fille Lietta, qu'accompagne partout son fiancé Stefano. Ces intrus vont imposer au vieillard solitaire le bruit et la fureur de leurs vies dissolues, de leur moralité approximative, de leurs haines aussi violentes que leurs passions. Le professeur s'efforce de comprendre le monde étrange de ses "locataires". Sa solitude en souffre, certes, mais il semble trouver un intérêt nouveau pour autrui. Aussi l'assassinat
de Konrad, sans doute victime de ses opinions "gauchisantes"*, laissera-t-il le vieillard encore plus seul et malade.



Avant dernier film de Luchino Visconti, "Violence et passion" serait en partie autobiographique.
Il faut connaître l'itinéraire personnel du comte Visconti, issu de la haute bourgeoisie milanaise et acquis aux idées progressistes lors de séjours en France, où il assiste le grand Jean Renoir et rencontre des immigrés italiens communistes.
Ainsi, le grand Luchino par la suite, sera le peintre (souvent somptueux) d'une classe dirigeante corrompue et prête à tout pour survivre aux ouragans de l'histoire.
C'est vrai pour "Les damnés", mais aussi pour "Le guépard", impérissables chefs-d'œuvre que l'on voit et revoit avec un intérêt à chaque fois renouvelé.

Avec ce "Conversation piece" (le titre anglais), Visconti livre un véritable testament et nul ne doute que le film recèle une grande part d'autobiographie.
Il retrouve ici le grand acteur Burt Lancaster qui interprète ce vieux professeur solitaire dont l'existence va être chamboulée par l'arrivée, à l'étage supérieur, d'un groupe de personnes en total déphasage avec une vie ordonnée, celle d'un homme attendant tranquillement la fin.

Evidemment, c'est le personnage de Conrad, joué par Helmut Berger, le dernier amour (partagé) du cinéaste, qui capte notre attention : c'est ce jeune dieu qui va être à l'origine du bouleversement intérieur du vieil homme, exerçant sur lui une véritable fascination, la scène de la douche en étant l'élément déclencheur.
Une autre scène remet en question les certitudes du professeur : celle où il surprend, chez eux, les deux garçons et la fille dansant nus, enlacés.

Il ne faut pas oublier le personnage de la marquise Brumonti, incarnée par la grande Silvana Mangano, épouse abandonnée d'un riche industriel dont Visconti nous laisse entendre qu'il est fasciste, femme de caractère, déboussolée néanmoins, dont Conrad est vraisemblablement le gigolo.
C'est elle qui installe de fait le désordre dans la maison et dans la vie du professeur tout d'abord irrité puis séduit par cette "famille" excentrique.

"Violence et passion" est un film... passionnant à plus d'un titre : le soin mis, comme à l'accoutumée, par le "Maestro" aux décors, la qualité de la photo, le "casting" impeccable, le scénario ingénieux, le lourd climat qui plane en permanence, en font une oeuvre majeure d'un cinéma italien qui ne retrouva jamais la qualité de ces années-là.





La vie bien tranquille du professeur (Burt Lancaster) chamboulée.
Face à lui, Silvana Mangano


On déplorera que le film reste inédit en DVD en France, les éditions existant en Angleterre et, bien sûr, en Italie, ne comportant pas de sous-titres français.

 * Cette interprétation (le synopsis est fourni par "Monsieur Cinéma") est étrange : on pense plutôt à une sordide histoire d'argent, liée à la drogue.

Fiche complète imdb : clic.


Muse

Un jeune lecteur me demandait : pourquoi "Silvano Mangana" ?
C'est le surnom que me donna un jour une amie chère à mon cœur.
C'est d'abord un hommage à Silvana Mangano (1930-1989), immense actrice italienne que l'on vit entre autres chez Visconti (la mère de Tadzio) et Pasolini (Théorème, film... sulfureux !).
Filmographie ici : clic

 Impériale et divine

Avec Helmut Berger, son gigolo dans "Violence et Passion" de Luchino Visconti
La vie est mal faite : c'est dans le cœur du vieux professeur joué par Burt Lancaster que le bel autrichien va semer le trouble...
L'un de mes dix films préférés.
J'y reviens tout de suite.

jeudi 10 novembre 2011

Cadeau : A.Scarlatti | René Jacobs & Academie für alte musik - Berlin



2 CD Harmonia Mundi : réf. HMC 901649.50

Comment vas-tu ?

- Via Red Mug, Blue Linen (lien à droite) -

Ma chambre

La place à votre gauche est actuellement libre.

Bernstein : ce cher Leonard !


Chaud-lapin, le Léo, qui aima les filles et les garçons...
Ce n'est qu'une part somme toute anecdotique de la personnalité de ce pianiste, chef-d'orchestre et compositeur (et non des moindres !).
Le compositeur de West Side Story, ce drame musical impérissable, était un chef prodigieux qui aborda le répertoire le plus vaste avec une passion jamais démentie, analysant minutieusement chaque œuvre avant de s'en emparer : les mélomanes connaissent l'histoire de l'algarade qui l'opposa à Glenn Gould au sujet du tempo du 1er Concerto de Brahms ; il existe un enregistrement* où chacun d'eux exprime sa conception de l’œuvre, désireux de... camper sur ses positions !
A la tête de "son" New York Philarmonic, Bernstein organisa des séances pédagogiques à Carnegie Hall pour les enfants.
Ses explications limpides, sa sympathie, lui ont conquis un fervent public d'admirateurs en culottes courtes et demeurent un exemple de transmission du savoir insurpassé.
La personnalité multiple (en tous domaines !) de Bernstein en fait l'un des musiciens les plus marquants du 20è siècle.
On ne pourra l'oublier.


Ci-dessous, deux aspects bien différends de l'oeuvre du Bernstein compositeur : un extrait de "Chichester Psalms", car il fit aussi dans le "sacré", et un extrait de West Side Story (qu'il faut voir et revoir !) chanté plaisamment par Renée Fleming.
Enfin, la bande-annonce de la nouvelle sortie en salles (UK) en septembre dernier de West Side Story, dont je ne vous saurais trop vous conseiller de vous procurer le Blu-ray absolument magnifique si vous êtes équipés.
On pourra aussi se répandre en torrents de larmes en écoutant la magnifique version de l'Adagio pour Cordes de Samuel Barber dirigée par le Maître*.






La virilité de Georges Chakiris me sidère...
* Tous deux chez Sony

Note du 10 novembre à 13 heures 46 : en cliquant sur "commentaires" ci-dessous, d'excellentes précisions d'un fidèle lecteur.

mercredi 9 novembre 2011

Lisez, les gars, lisez ! (2)

Le dernier Amélie Nothomb ?
- Photo Hedi Slimane -

Prom'nons-nous dans les bois

Attention à Silvano, le grand méchant loup !

La vérité sur cette photo !

 Je vous avais demandé, lundi dernier, de me donner votre interprétation de cette photographie.
Je dois à mes lecteurs toute la vérité.
L'un de ces deux jeunes gens a écrit à la rubrique "Entre nous" du magazine féminin préféré de sa maman la lettre suivante :
"Docteur, l'autre soir, la PS3 de mon copain Kevin est tombée en panne. Nous avons d'abord beaucoup pleuré.
 En plus, notre soirée était fichue. Ne sachant que faire, nous avons trouvé un jeu très amusant : on s'est déshabillés, puis on s'est embrassés sur la bouche (avec la langue) et on s'est fait des fellations. Après, Kevin m'a sodomisé. Comme ça nous a plu, maintenant on recommence tous les jours. Pouvez-vous nous dire si c'est bien normal ? Ryan."
Réponse du "docteur" :
"Chers Kevin et Ryan, il semble que je doive vous faire une révélation : vous êtes homosexuels, "gays" comme on dit aujourd'hui. Ce n'est pas sale. Pensez à vous protéger, et amusez-vous bien."

Frédéric Bazille (1841-1870) - "Rediffusion"




Originaire de Montpellier, Frédéric Bazille, peintre impressionniste fauché en pleine jeunesse lors de la guerre de 1870 aborda la peinture après des études de médecine de convenance et fit partie d'une "bande" où se côtoyaient Manet, Degas, Sisley et Pissaro mais aussi Zola et Verlaine.Il expose en 1864 au salon de peinture de Paris, mais c'est quatre ans après sa mort, en 1874, que sera vraiment révélé son talent lors de la première exposition des "impressionnistes". Nous ne préjugerons pas de ses goûts, mais certaines de ses œuvres nous parlent agréablement...










 


Si je ne me trompe, les toiles de Bazille sont visibles au Musée Fabre de Montpellier.
C'est là, en tout cas, que je les ai vues.
Lecteurs du cru, vous pouvez confirmer ou infirmer.

mardi 8 novembre 2011

Chiquissime !

Allez, avoue :
tu aimerais
tellement lui
ressembler !

Lisez, les gars, lisez ! *

- Volé sans vergogne à Another Country -

* Pitoyable jeu de mots, d'autant que je ne me drogue qu'à la grappa ou au limoncello...

Plaisir d'amour, etc.


L'amour est un sentiment animal qu'il faut apprivoiser ; ensuite, il peut même rendre heureux...
Louis Aragon ne se priva pas d'affirmer le contraire.
Le chanteur québécois Gilles Vigneault chantait, lui, "Qu'il est difficile d'aimer".
Ovide prétendit enseigner (en vers) l'art d'aimer.
Il est vrai qu'il faut apprendre à calmer certains épanchements : pour notre salut ? 
En fait, chacun fait comme il veut/peut.



Il faut qu'une porte...

Oh, et puis non !

De quoi être perplexe : qu'est-ce qui nous dit qu'Il n'est pas sur le point de nous fermer la porte au nez ?
On ne sait pas s'Il vient de baisser la fermeture à glissière où s'Il va, au contraire la remonter.
Il a peut-être voulu jouer, nous donner envie, pour se dérober aussitôt, nous rentrant tout désir dans la gorge.
Ce n'est qu'une image.
Et vous, comment voyez-vous ça ?

lundi 7 novembre 2011

Certains l'aiment flou, c'est fou !

Rien que pour vos yeux

Ce blog

J'ai volé l'image à Karedig qui tient un blog bien intéressant que je vous recommande.

Je ne parle pas souvent des mails que je reçois concernant Gay Cultes ; il me reste un peu de modestie, sans doute.
Jean-Christophe, qui vit dans une fort belle contrée, m'a envoyé un courriel de remerciements qui m'a beaucoup touché ; je tenais à le lui redire : c'est la principale vertu d'Internet que de faire voyager nos soliloques jusqu'au bout du monde et de toucher, comme ici, des cœurs si lointains.
Vous avez peut-être remarqué que, dorénavant, je me permets de donner, en termes personnels, ma vision des photos que je publie : je l'ai fait samedi pour le message "Pieds de lit", suscitant -enfin !- des commentaires très intéressants.
Je vais donc continuer dans ce sens, encouragé, de plus, par l'un de mes plus fidèles jeunes lecteurs ; car GC est lu apparemment par des internautes de toutes générations.
Un autre mail récent se voulait investigateur (comme tel autre auquel cela a bien réussi.| Fin du message personnel) : l'âge de l'auteur préoccupait (pourquoi donc ?) mon correspondant !
Je lui réponds que j'ai 23 ans; ça me convient parfaitement aujourd'hui.
Demain matin, j'en aurai peut-être le double ; on verra bien ; mais la vingtaine me va bien au teint, je trouve.

Je vais "rediffuser" des billets que j'ai publiés en 2007-2008, à une époque où Gay Cultes comptait 4 fois moins de lecteurs qu'aujourd'hui, ceux, du moins, dont j'ai l'immodestie de penser qu'ils présentent de l'intérêt.
Tiens, dans cet esprit, je réinsère cette photo retrouvée dans mes archives.
Qu'évoque-t-elle pour vous ?
Moi, j'ai ma petite idée...

Hou la la !

dimanche 6 novembre 2011

Mozart - Bartoli - Harnoncourt : que faut-il de plus pour un dimanche ?


Le bout du tunnel

- Photo Ryan McGinley -

N'en point trop montrer.
Ici, c'est parfait.
J'aime deviner ses fesses : je les devine glabres, ou alors légèrement, très légèrement duveteuses, petits coussinets où poser ma joue toute chaude pour ensuite rester là, immobile pour l'éternité.

Ecorchures

De quels soubresauts ton âme est-elle agitée ?
Dilemmes ? Doutes ? Souffrance ?
Trop de bonheur ?
Ta beauté ne peut te suffire, tu vois.

Juste un dimanche avec vous

On constatera avec soulagement que l'addiction aux technologies modernes, ce qui fait de beaucoup des "geek" (quel vilain mot !), n'exclue pas les instants de tendresse.
C'est déjà ça.

samedi 5 novembre 2011

Lignes, couleurs, ailleurs

Pieds de lit


La civilisation de la vitesse veut qu'on "parcoure" ; on ne fait plus que "parcourir".
D'ailleurs, n'est-ce pas ce que vous faites, vous, là, maintenant ?
Quelle photo a-t-"il" mis aujourd'hui ? Un "ange" ? Des fesses ? Un adolescent dénudé ?
Toutes images vues et sitôt oubliées ; ou presque : "ah, celle-là, je l'ai vue sur un blog, mais lequel déjà ?"...
Ou bien : "ah oui, ton garçon au pull orange, il "fait le buzz", tu sais, en ce moment..." ; pauvre garçon orange qui "fait le buzz" en ce moment, matière à consommer avant la date de péremption, pauvre garçon.
Qui va s'attarder sur cette image là-haut, où il n'y a rien à voir de ce que la majorité des gaynautes est venue chercher ici ?
Pour qui sait observer, elle dit pourtant tant de choses...