Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


mercredi 16 décembre 2020

Il manque quelqu'un près de moi

Corentin Huard

Troubles

Photo d'Eber Figueira

Cette photo me rappelle celles que je fis du beau D. la première fois qu'il vint chez moi.
Le résultat argentique, malgré l'excellente qualité de l'appareil nippon, fut du même trouble que celui qui s'était emparé de moi.
Je ne sais plus quelle force m'a poussé à lui demander d'ôter son "boxer-short".
Bien m'en avait pris : je vis qu'il n'espérait que moi.

lundi 14 décembre 2020

dimanche 13 décembre 2020

" Je me trouve si beau "

 Peut-on lui donner tort ?



Cool, cool



Un géant du piano honorant un génie mal aimé :
respirons avec Schubert et l'un des ses meilleurs serviteurs.
Aucune frénésie : on en a besoin plus que jamais.

À voir sans faute (vendredi 18)

Famille tu me hais - Extrait James from mitiki on Vimeo.

Famille tu me hais, le film documentaire de Gaël Morel, sera diffusé dans la nuit de vendredi à samedi prochains par France 3 à... 0 h 15 (en début de soirée, faut pas rêver !).
Le Refuge a reçu 6881 appels de jeunes LGBT+ en souffrance en 2019.
La même année, les agressions homophobes et transphobes ont augmenté de 36 % !
Dans son film, Gaël Morel a donné la parole à des jeunes rejetés par leur famille et/ou leur entourage.
Ainsi le témoignage, parmi d'autres, de Julien : " En une seconde, ma vie a basculé. J'ai quitté ma ville, mes amis car ils ne cautionnent pas qui je suis. C'était à eux d'affronter la réalité. "

À ne pas manquer, en direct ou en "replay".
Faire un don au Refuge : cliquez !

Nature (presque) morte

Kelly Allison Photography

samedi 12 décembre 2020

Foyer, ô doux foyer


- Et sais tu, mon amour, que ce blog a dépassé
allègrement les 10 Millions de "pages vues" ?
- Oui. Notre bonheur est total, mon chéri.
- Ouah, ouah !

Klaus Mäkelä : à 24 ans dans la cour des grands

"En étant moi-même jeune, cela va peut-être encourager d'autres jeunes à venir" 
(à la Philharmonie, N.D.R).

Klaus Mäkelä, © Jérôme Bonnet /Orchestre de Paris

Ceux qui dénigrent la jeune génération, censée passer son temps devant son écran de téléphone prétendument "smart", ou en agitant frénétiquement les manettes de sa console de jeu, ont tort de mettre tous les post-adolescents dans le même sac.
J'en donnais pour preuve il y a peu en décrivant un voisin de tout juste 24 ans avide de culture, musicien poly instrumentiste, courtois et sachant raison garder en toute conversation.
Le Finlandais Klaus Mäkelä a le même âge et vient d'être nommé directeur musical de l'Orchestre de Paris où il succède à de prestigieux chefs comme  Daniel Harding, parti en août 2019, mais aussi à Paavo Järvi, Daniel Barenboim, Georg Solti ou encore... Herbert von Karajan : une paille !
Bienvenue en France au jeune 
Mäkelä qui n'est pas vilain du tout, ce qui ne gâche rien.

Pour écouter les 27 minutes qui lui furent consacrées mardi dernier France Musique et connaître son itinéraire musical, cliquez-donc là-dessus.

Portrait d'Erich

Portrait d'Erich Lederer
Egon Schiele 1912
 Kunstmuseum, Bâle, Suisse

vendredi 11 décembre 2020

mardi 8 décembre 2020

Je vais t'aimer si fort

Ambiance(s)


Il fut un temps où les timbres...


Frédéric Chopin, encore

Les révélations sur la supposée homosexualité de Frédéric Chopin font un sacré ramdam, notamment en Pologne, pays où l'homophobie est quasiment comportement d'état.
J'ai écrit "supposée" : il convient de rester prudent. "Baiser" quelqu'un, à l'époque romantique, n'avait pas la même signification qu'aujourd'hui. 
Cela dit, on souhaite que la sexualité différente du compositeur soit avérée - il sera difficile de le prouver - ne serait-ce que pour hérisser les fachos à la barre en Pologne, où le compositeur fait figure de gloire nationale.
Bien embarrassant, les gars, hein ?!



Douce France

Les Français sont à cran.
Il suffit de faire les courses dans son quartier parisien pour le constater : comportements agressifs, névroses, paranoïa, incivilités se sont emparés d'une population qui vit très mal la crise sanitaire et ses conséquences économiques, lesquelles n'en sont pourtant qu'à leurs débuts.
La crise agit comme un révélateur exponentiel des tares de notre société.
Il existe heureusement une partie d'entre nous qui œuvre pour secourir ceux que la crise touche le plus cruellement. J'en avais fait un billet récemment.

Un "jeune" de la Croix Rouge en "maraude"

Les médias, et notamment les chaînes de "tout-info" font leur miel des violences qui émaillent les manifestations, le moindre feu de poubelle est diffusé en boucle, entretenant à loisir l'ambiance anxiogène qui règne sur le pays.
On peut renvoyer dos à dos (ou face à face) les exactions de l'ultragauche et celles d'une police qui n'a jamais été aussi violente, mal dirigée, mal formée, à bout de nerfs.
Des jeunes gens de mon entourage sont très impliqués dans ces manifs pour le moins désordonnées, mais dont on comprend l'utilité, ne serait-ce qu'en vertu du droit de manifester, de revendiquer, de dénoncer la crispation d'un pouvoir qui a à gérer au jour le jour une crise sanitaire sans précédent et glisse sur la pente dangereuse de l'atteinte aux libertés.
C'est un véritable casse-tête dont on se demande, vu l'impéritie des politiques de tous bords obnubilés par une élection présidentielle qui n'aura lieu qu'en avril-mai 2022 qui pourrait en résoudre l'équation. Ici se manifestent les égo qui relèveraient du comique si la situation n'était aussi grave.
Bref, rien ne va dans le sens d'une accalmie et d'un "monde d'après" illusoire.

Giscard

La France au fond des œufs (qu'il préférait avec des truffes).

Les commentaires hagiographiques après le décès de l'ex-président ont fait florès sur les ondes de toute nature et dans la presse, à l'exception de Libération et de L'Humanité qui ont des archives de nature à raviver une mémoire occultée par les autres.
La mascarade orchestrée lors des années Giscard - ah "la France au fond des yeux", ah le "nouveau Kennedy", ah les repas chez les gens "du peuple" avec œufs brouillés imposés à de braves gens dont les patates sont l'ordinaire, jusqu'au tempo de la Marseillaise ralenti, et j'en passe - ne peut faire oublier la mise en œuvre, déjà (!) du délit de faciès et du délit de jeunesse, par des affidés dans le genre d'un Poniatowski ou d'un Bonnet, grands démocrates s'il en est !
Pour le courage d'une Simone Veil, combien d'affaires répugnantes (le "suicide" de Robert Boulin, les diamants de Bokassa entre mille) ont émaillé ce septennat, lesquelles ont été soigneusement écartées de l'encensement quasi général.
Je vous parle d'un temps où des publications étaient "interdites à l'affichages", où aller et venir avec Libé sous le bras pouvait valoir un contrôle d'identité, sans oublier le sort réservé aux magazines homo (on ne disait pas encore "gay") qu'il fallait acheter sous le manteau.
Quant aux radios et à l'ORTF, elles étaient "aux ordres" d'un Alain Peyrefitte de sinistre mémoire.
On retiendra tout de même l'abaissement de la majorité légale de 21 à 18 ans.
Les intéressés surent, en 1981, se rappeler au bon souvenir d'un pouvoir qui avait tant poursuivi la jeunesse d'alors de son mépris.
VGE (sans la particule orgueilleusement ajoutée), dit-on, vécut sa défaite comme la pire des humiliations.
Comprit-il un jour qu'il l'avait bien cherchée ?

Bonheur


Pour panser les blessures, et terminer ce billet, moments de grâce, samedi dernier, avec un tout jeune
homme déjà très cultivé parce que curieux, féru de musique et entre autres de contre-ténors, heureux d'avoir un voisin pas encore tout à fait "vieux con" (jamais, hein !), se contrefichant de l'identité sexuelle de ses contemporains, avide de découvertes, avec lequel les échanges de points de vue sont de vrais échanges où j'apprends autant que lui.
Musique en duo - piano et "vent" - tout l'après-midi autour d'un vieux "standard" de jazz, en balbutiements tout d'abord pour faire connaissance, en communion finale au crépuscule, et, le soir, découverte pour lui d'un Citizen Kane plus actuel que jamais.
Remerciements mutuels.
Bonheur ? Oui, c'est encore possible.


En "télé-travail"

lundi 7 décembre 2020

Deux anges s'aimant

 

La révélation


Vous souvenez-vous du jour
où vous avez
compris qui vous étiez ?
En ce qui me concerne :

Longtemps fut occultée de ma mémoire la haute silhouette campée fièrement sur ses jambes, devant le poste de police de la rue du Vardar à Rabat, d’un jeune policier au corps élancé cultivé sans doute par une pratique sportive régulière. 
Je ne sais plus de quoi nous parlions en ces longues conversations d’après l’école ; je sais qu’il écoutait, toujours attentif, le petit garçon ébloui par le bel uniforme gris-vert et la casquette frappée de l’étoile chérifienne.
Un sourire permanent adoucissait son beau visage brun aux traits réguliers, qu’ombraient à peine quelques poils rétifs à la lame du rasoir. Je ne pouvais m’expliquer alors le trouble, la sensation étrange qui m'habitaient quand nous devisions sur ce bout de trottoir.
Je sais qu’il me respectait, me traitait en grande personne, non parce que j’étais l’un de ces fils de « français » qui coopéraient avec les marocains après l’indépendance, mais parce qu’il savait exercer sur moi, peut-être, une fascination dont il était fier.
Et si c’était ce lieutenant magnifique qui me révéla à moi-même ?
J'y ai pensé, bien sûr, et retrouvé cette émotion, lors de la projection du film d'Almodovar Douleur et gloire :  la fameuse scène où le petit garçon découvre la nudité triomphante de l'ouvrier auquel il apprend à lire et à écrire ne pouvait que réveiller ce souvenir enfoui.

dimanche 6 décembre 2020

Je n'aime que toi

Jan & Bastien pour Dreamers par Michael Descendre.

 Bon
dimanche !

Mozart, ça balance grave !


Pour un dimanche heureux,
'y a pas mieux !

J'ai choisi un ensemble peu (ou pas du tout) connu. Ce n'est certes pas la meilleure interprétation qui soit,
mais le pianiste est bien mimi.

Melbourne Piano Trio : Ji Won Kim, violon Chris Howlett, violoncelle Hoang Pham, piano

Ceci dit, pour joindre l'agréable à l'agréable, le pianiste ci-dessous n'est pas mal non plus :

L'éveil du faune

Magnus Enckell (1914). Finnish National Gallery / Ateneum Art Museum Collection

samedi 5 décembre 2020

Diabolique


Oui, j'ai labellisé "Erotique".

Film rare


A deep compassion
(1972)

Un jeune aveugle est maltraité par un prisonnier évadé. Il cherche refuge dans une grotte au fond de la forêt où réside le Dieu d'Amour, un Adonis imaginaire. Au cours de ses fantasmes, le garçon recouvre la vue et connaît le bonheur. Un bonheur imaginaire ?

Ce film de Pat Rocco (?), sans doute projeté, à l'époque, dans des salles "spécialisées"  m'était totalement inconnu, dont je découvre avec vous l'existence, et ces extraits :

L'attente

jeudi 3 décembre 2020

Si vous êtes comme ça

Garett Knight. Photo de Ray John Pila.

vous n'êtes pas
obligé de vous raser :
ça ira pour cette fois.


Jeune loup


C'est un (trop) court-métrage d'Alex La Cruz.
Le repiquage accentue l'intention (flous, grain...) de l'auteur.
Mais c'est "chaud" comme l'écrirait un jeune commentateur.

Communion

C'est un modus vivendi :
d'autres préfèrent "jouer à la console".

mercredi 2 décembre 2020

Dinu Lipatti, parti trop tôt


J'ai récupéré un jour un 33 tours du dernier concert de Dinu Lipatti, à Besançon le 16 septembre 1950 et découvris par là-même un musicien exceptionnel, déjà durement atteint par le cancer qui devait l'emporter quelques semaines après ce récital devenu mythique.
Ce pianiste roumain est mort en effet le 2 décembre 1950 à l'âge de 33 ans.
Sa carrière fut brève, stoppée dans son élan par la maladie de Hodgink.
Il compte encore, parmi les mélomanes, mais aussi les pianistes, de fervents admirateurs.
La Sicilienne de Bach transcrite par Wilhelm Kempff, autre illustre pianiste que j'ai insérée ci-dessus ne donne qu'un bref aperçu de son talent, de sa sensibilité, de son jeu particulier.
Mais Lipatti a également composé : notamment un Concertino sur le mode classique et la belle Sonatine pour la main gauche, interprétée ci-dessous par le pianiste Julien Libeer.
Quand les générations de pianistes se rencontrent, c'est un vrai bonheur :


La pochette du tristement célèbre récital de Besançon :

Lecteur de rêve


Pour moi, aujourd'hui, c'est ça :


L'action se déroule dans la Venise de l'avant-dernier siècle.
Passionnant !
(Acheté en novembre chez mon libraire en "cliquer-collecter")


Au-revoir, Anne, tu vas nous manquer.


Cordes sensibles


Baldassare Galuppi (1706-1785) est un maître vénitien du settecento, connu surtout pour ses opéras.
Son œuvre pour cordes est excellente, de même que ses sonates pour clavecin : l'immense pianiste Arturo Benedetto Michelangeli a fait connaître la très élégante Sonate n°5 en Do Majeur, très "mozartienne", qu'il vous plaira sans doute d'aller écouter ici dans un enregistrement de 1962 (Auditorium de la Rai, à Turin) : veuillez cliquer.
Les élèves-pianistes et les amateurs pourront en jouer le premier mouvement sans trop de difficulté.
Quant à égaler le toucher d'Arturo, c'est autre chose.

La mode actuelle...

 
de ces petites socquettes qui laissent apparaître les chevilles, outre qu'elles ont une furieuse tendance à se carapater pendant la marche, m'inquiète : sachant que c'est par les extrémités que l'on prend froid, je me fais un sang d'encre pour nos choupinets, et ce, malgré ma réputation d'excellent garde-malade.
 

mardi 1 décembre 2020

Journée mondiale 2020 : l'autre fléau

En ces temps de pandémie mondiale et d'actualité brûlante, rien, dans les médias (si ce n'est, hier soir, la diffusion de 120 battements par minute sur France 3  qui fait son travail, heureusement, de service public), ne vient rappeler que le 1er décembre est la date de la journée mondiale de lutte contre le SIDA. Je l'avais moi-même oublié, alors que je l'ai toujours fait en treize années de tenue de ce journal et remercie le lecteur qui en fait état en commentaire du billet précédent.
Si le combat pour diffuser à grande échelle le vaccin contre la covid-19 fait l'objet de toutes les "une", rappelons que le virus qui a fait tant de victimes à travers le monde n'est toujours pas éradiqué.
Les comportements à risque dans une population jeune mal informée sont hélas monnaie courante. 
Toute une population est encore aujourd'hui en souffrance : vivre avec le SIDA, après l'hécatombe des dernières décennies, c'est, sous des thérapies très contraignantes, lutter à chaque instant pour continuer à exister dans la dignité.
Nous devons contribuer par nos dons (et nos comportements !) à faire en sorte que cette saleté disparaisse enfin de la surface du monde.
Le lien vers le Sidaction est ici : clic.

 


Passionnément


Les temps sont durs pour qui a choisi - ou non -  de ne pas vivre en couple, pour ceux qui sont éloignés de l'être cher.
La situation, en ces temps de pandémie, ne permet le moindre geste de tendresse, le moindre baiser, la moindre accolade ; c'est une souffrance.
Pour rêver et faire rêver, je publie dès aujourd'hui, et quotidiennement, des images de gens qui s'enlacent, s'embrassent, s'aiment, dans l'espoir de retrouver bientôt les caresses qui enchantent la vie. 

Petit entracte dans la publication de mes textes.
Il sera de courte durée, promis !



Jordan

Jordan Barrett par Alex La Cruz

 

Infiniment