Le journal quotidien - non hétérophobe - de Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007. Photo en-tête Mina Nakamura "La gravité est le plaisir des sots"
L'auteur d'un commentaire qui me transmettait, il y a peu, la date de naissance d'un modèle inséré dans GC n'a pu entendre le "glups" émis à la lecture de ces chiffres.
Les images sont parfois trompeuses, d'autant que le garçon ressemblait à l'acteur Cyrille Thouvenin que nous avons tant aimé dans le film de télévision Juste une question d'amour.
La photo en noir et blanc, que j'ai retirée depuis, même si ce garçon est un "pro", le vieillissait et m'avait donc abusé.
Félix, ci-dessus, est un grand garçon (1,90 m, me gaussé-je !) qui, lui, fait plus jeune que son âge.
Bien sûr, je sais des blogs qui ne s'embarrassent pas de ces considérations, en faisant même leur ligne éditoriale.
Il est vrai toutefois que, ayant une inclination pour les jeunes hommes non barbus et non tatoués (ou alors, juste un petit dauphin sur l'épaule*), je peux être à la merci d'une erreur.
Un grand garçon - Photo Nicolas Delaunoy
* Citation extraite du spectacle d'un humoriste ami.
C'est le quartier animé de Milan(o), à la fois populaire et "bobo" (qu'est-ce qui ne l'est pas ?) où l'on peut profiter des terrasses pour des aperitivi consistants à prix modique, manger une pizza garnies de vraies tomates et non d'un coulis industriel, se promener au crépuscule, en saison, et croiser de jolis garçons qui ne font pas la gueule.
On peut, comme à Paris, mais en bien moins cher, faire une balade sur les canaux et même des "croisières" (j'adore l'emphase italienne ! ).
Ils furent très inspirés, les enfants des écoles de Montmartre, dans le choix des couleurs destinées à rendre les escaliers de la Butte moins durs aux miséreux.
Un ami très proche fut contraint, pour des raisons professionnelles, d'assister à une partie de cette convention de la droite très à droite qui se déroulait l'autre samedi. Trentenaire rompu aux dégueulis de toutes sortes déversés par les différents réseaux, il me disait avoir abordé l'épreuve en s'estimant vacciné contre ce genre de saloperies.
Il assista bien malgré lui au discours de l'imprécateur dont la simple évocation suffit depuis quelques lustres déjà, à donner des haut-le-cœur à tout être vivant doté d'un minimum d'humanité. Le jeune homme ne pensait pas être confronté un jour à cette haine et à cette bêtise s'exprimant là en chair, en os et en voix sous les applaudissements d'une foule en dévotions. Pas un instant il n'aurait pensé que des larmes de chagrin et de dégoût mêlées lui viendraient lorsqu'il fit le récit de ce qu'il avait vu et entendu ce samedi-là.
Raphaël Enthoven : son courage mérite le respect. ( Francesca Mantovani/Gallimard Via Leemage)
Il y eut pour seul pansement à la douleur les mots d'un philosophe invité qui avait résisté aux adjurations de ses proches et avait décidé de venir pour répondre à ces gens et mettre en pièces leurs malfaisantes théories. Il y eut bien sûr des huées, mais aussi de discrets petits signes d'apaisement sur le ton "chuuuut, vous comprenez, après ILS diront qu'on est intolérants, pas démocrates...". L'homme, en tout cas, mérite le respect pour son courage.
Mon avis est très net, contrairement aux trouillards patentés de l'atermoiement : il ne faut jamais inviter le genre de personnage évoqué plus haut sur le moindre plateau. Pour paraphraser Robespierre, il ne faut pas donner cette liberté démocratique aux ennemis de la démocratie.
Voilà, nous pouvons passer à des choses plus frivoles :
Jours de pluie à Paris
Il suffit que j'écrive ce titre pour qu'une éclaircie, faiblarde, certes, vienne apporter un surcroît d'énergie à mes fleurs qui ont souffert ces derniers jours des bourrasques et du coup de froid automnal qui fait râler tous ces gens qui pensent que l'heure d'été c'est vachement mieux parce qu'on peut prendre le spritz du soir quand il fait jour encore, et toutes ces choses que l'on peut regrouper sous le terme générique d'égoïsme.
Des adolescentes me sachant omniscient cinématographiquement et musicalement (que je m'aime, ce matin !) m'ont demandé, la voix humide, le titre de la chanson jouée et fredonnée par leur nouvelle coqueluche (et la nôtre !) Timothée Chalamet dans le dernier (non !?) film de Woody Allen.
Il s'agit d'un "standard" intitulé Everything happens to me, dont existe une multitude d'interprétations de tous styles, dont une version chantée par Sinatra, une interprétation pianistique de Thelonious Monk et deux vocalement caressantes de Chet Baker. Je vous livre l'une d'elles ; libre à vous d'aller à la rencontre de l'autre sur YouTube.
Des livres et autres nourritures, pas toujours spirituelles
Apocalyptique, cauchemardesque, satirique, le roman de René Barjavel Ravage, paru en 1943, livre une vision on ne peut plus pessimiste de la France de ... 2052.
Culte du chef et apologie du retour à la terre sous la férule de ce dernier après une terrible catastrophe : on comprend pourquoi le torchon collaborationniste Je suis partout publia ce roman sous forme de feuilleton.
Le roman de Barjavel (qui fut accusé puis bénéficia du doute à la libération comme beaucoup d'autres) n'en reste pas moins le modèle d'un style nouveau pour l'époque, la science-fiction à la française.
L'auteur s'y révèle visionnaire et dépeint une société qui pourrait bien être la nôtre dans un avenir proche si nous ne mettons un terme à nos errements, si nous ne nous préparons pas à la fin du capitalisme, si nous ne partageons pas les richesses, si nous ne cessons pas de bouffer la planète par tous les bouts. Ravage est une oeuvre inquiétante, voire terrifiante au point que j'ai demandé à l'ami qui me l'a prêté ce que j'avais fait pour qu'il m'en veuille autant ! L'auteur, cependant, nonobstant un réel talent de narrateur, ne mérite pas qu'on le glorifie, lui qui, après l'exécution de Christian Ranucci (le fameux fait-divers sanglant dit du "pull-over rouge") demandait, dans sa chronique du Journal du dimanche que l'on n'eût la moindre pitié pour les "larves de la société" que sont les assassins et se réjouissait, ce-écrivant, de la mort d'un homme dont on ne sut jamais s'il fut réellement le meurtrier de la petite Dolorès.
Le même ami auquel je dois quelques moments de cauchemars a allégé ma peine, m'offrant Les villes invisibles d'Italo Calvino.
Je le sens mieux.
Dans tous les sens du verbe ; car j'ai pour habitude de m'imprégner de l'odeur des livres avant de les lire.
Je suis le seul ?
Papilles
J'ai quelques consolations, dont, toujours à portée de main, Si le grain ne meurt d'André Gide qui savait qu'une brandade de morue ne peut être que "floconneuse" et savait les fricandeaux et croûtillons au lard, que les gens qui parlent "pointu" nomment "croustillons". Les mêmes, en exagérant à peine, nomment "grattons" ce que ma pauvre bonne brave femme de mère appelait "crotillons", mets aussi sauvage que cévenol dont elle se délectait sans prendre le moindre intérêt à mes grimaces de dégoût.
Aujourd'hui, je me damnerais (cela dit, c'est fait depuis longtemps) pour en déguster.
La littérature et la gastronomie ont toujours fait bon ménage, les grands auteurs ayant toujours su nous faire saliver à la lecture des descriptions des mets les plus raffinés ou, inversement rustiques et roboratifs de notre cuisine nationale.
Sans prétendre au plus haut niveau, je pense, rédigeant ce qui précède, à un passage de mon propre roman où Victor et Paul dégustent sans manières un pan-bagnat pour lequel on n'a pas lésiné sur l'huile d'olive.
Je vous assure que, l'écrivant, une envie mortelle du précieux sandeouiche m'est venue, me faisant saliver comme un écureuil devant un gland une noisette.
Pavillons
Je poursuis l'écoute de l'invraisemblable pile de disques microsillons offerts par un fort aimable voisin (voir chronique d'automne précédente), dont, à ce moment très précis*, le premier Concerto de Beethoven par le jeune (c'est vieux !) Cristof Eschenbach avec le Philharmonique de Berlin dirigé par Karajan.
Il y a de vraies pépites comme l'oeuvre pour piano de Brahms par Julius Katchen,un pressage de 1964 chez Decca dont ne subsiste hélas que le premier volume.
On trouve encore le coffret de disques vinyliques à un prix pour moi prohibitif de quelques 260 euros. Pour dix fois moins, j'ai fait l'acquisition du coffret en 6 CD.
J'ai déniché dans mon quartier une officine spécialisée dans la réparation, la restauration et la vente de matériel haute-fidélité anciens : amplis à lampes de prestige, sources diverses, dont des platines historiques comme la Thorens TD 124, un pur joyau d'une solidité à toute épreuve doublée d'une redoutable précision. Après le cadeau du ciel reçu il y a peu, j'ai apporté là-bas mon précieux tourne-disques, un Thorens également, de bonne gamme (TD 160 pour les connaisseurs) dont le technicien, aimable, courtois, et joli, de plus, a affiné les réglages pour tirer le meilleur parti auditif de mes merveilles discographiques.
J'exulte.
* "à ce moment très précis" est une citation, un extrait d'un chef d'oeuvre impérissable de la chanson française. Si vous trouvez lequel, sortez !
Les œuvres de Luc Tuymans appartenant
à la collection Prada de Milan sont actuellement
installées au Palazzo Grassi de Venise où les visites
sont toujours doublement intéressantes comme le prouve
la photo ci-dessus, chipée sur la page du prestigieux établissement.
Numero.com
Quant à la "mostra" en elle-même, intitulée La pelle, elle mérite son succès : les œuvres
contemporaines se mariant admirablement avec le cadre historique des lieux.
C'est le cas pour l'artiste belge comme ce le fut pour de nombreux représentants
de l'art moderne depuis la réhabilitation du "Grassi" et de la "Punta della dogana" par la
fondation Pinault.
Charlotte Corday, Rennes, France, 2011 - Par Žilda,
Les jeunes rennais passant devant cette oeuvre de Zilda en 2011 savaient-ils que les observait cette Charlotte Corday célèbre pour avoir assassiné le citoyen Marat, un fait marquant de la révolution française rapporté dans leurs livres d'histoire ?
Association de bienfaiteurs : la sublime mélodie et le texte de Gustav Mahler transportés jusqu'ànous par la voix de l'inoubliable Dietrich Fischer-Dieskau, et le Philharmonique de Vienne dirigé par Wilhelm Furtwängler, un sommet !
Le petit-fils du grand baryton fut mon voisin et je réalise, grâce à la photo qui illustre cette pièce, à quel point était flagrante la ressemblance.
Chaque fois que je passais devant sa boîte-à-lettres, je frémissais.
Je lui ai parlé une seule fois où il parvint à vaincre sa timidité pour évoquer ses études au Conservatoire National de Musique de Paris où il perfectionnait son art du violon.
La chambre de bonne où il vivait, un étage au-dessus du mien, était quasiment insalubre, comme je pus le découvrir après son départ.
* Dans le texte de ce lied s'exprime le chagrin d'un amoureux délaissé par son aimée dont on célèbre joyeusement, au même instant, le mariage avec un autre homme.
Le blogueur est consciencieux, en conviendrez-vous ?
Il existe trois pochettes différentes de cet enregistrement.
Je n'ai pas trouvé de CD spécifique : je pense qu'il se niche dans l'un des nombreux coffrets que l'on a édités du prestigieux chanteur.
* C'est le résultat de ma recherche pour identifier ce beau garçon.
On m'informe également que "sitting", désigne, en anglais, la position assise.
Ce que confirme, en vis-à-vis, l'encyclopédie Wikipedia, que je cite : [La station assise, ou position assise, est une station de l'être humain, dans laquelle le corps s'appuie sur les fesses ou l'arrière des cuisses, avec le tronc à la verticale.] On en apprend tous les jours.
Il faut réserver en ligne
pour l'exposition consacrée
aux dernières œuvres de Francis Bacon
au Centre Pompidou, et ne pas tarder : le 20 janvier
viendra vite, qui en est la date limite ; et il y a foule.
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