Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


lundi 11 février 2019

Assis par terre



Tu verras bien qu'un beau matin fatigué
J'irai m'asseoir sur le trottoir d'à côté
Tu verras bien qu'il n'y aura pas que moi
Assis par terre comme ça...
(Alain Souchon)



Skam France : premier contact



SKAM France entre dans sa troisième saison, où la relation amoureuse entre Elliot (Maxence Danet-Fauvel) Lucas (Axel Auriant) va naître et se développer.
La série est diffusée en vignettes toute la semaine, et l'on peut voir l'intégrale hebdomadaire tous les vendredis à 18 heures sur France.tv ou ici en rediffusion : clic
Un article circonstancié ici, dans : Têtu

Elliot et Lucas (Maxence et Axel dans la vraie vie)

Dans la vie, Maxence lit, si ! J'ai un faible, évidemment !

Note : je précise une fois de plus que les anges dont les photographies ornent ces pages peuvent être affligés d'une hétérosexualité encore très répandue de nos jours.


Youpi, c'est lundi !


dimanche 10 février 2019

Petit-déjeuner avant...


une virée dans Paris.
Si vous le croisez, retenez-le
et téléphonez-moi : je hèle un fiacre
et vous rejoins aussitôt.
Dans l'attente... bon dimanche !

* Le jeune homme est Corentin Huard, modèle français né en 1995 


Cadeau : tu connais le BWV 855 ?

Petite discussion, depuis dimanche dernier, sur les différentes interprétations de ce Prélude de Die Bach catalogué BWV 855, dont je vous livre ici une version magnifique, Fugue comprise,  transcendée par le génial Gulda .



Même si Dieu Bach n'a pas donné d'indication de tempo, celui qu'adopte ici Gulda apparaît évident. 
Il en va de même pour les nuances et l'ornementation.
On est loin du massacre en règle de l'oeuvre sur le même canal par l'immense Richter qui, de son propre aveu, pouvait "jouer comme un cochon".
Avec Gulda, ici, on atteint les sommets.

Convergence des luttes ?

Toute légende me semble inutile.

samedi 9 février 2019

Deux minous

Matthew Bell par Lachlan Bailey

Belle offrande


Il y a toujours des vases garnis de fleurs coupées chez moi.
Las, les garçons ne m'en offrent jamais, préférant la sempiternelle
bouteille de vin.
Ce n'est pourtant pas un "truc de filles", je trouve.
C., une amie, le sait bien qui m'en apporte à chaque visite.


Enchevêtrements

Fernando Lindez, Pavel Koziy, Adrián Liggeri, Gonzalo Alonso,
et Álvaro Silveira par Daniel Clavero

jeudi 7 février 2019

La lecture de Mattias. Et les miennes.

Mattias Crowe par Paola Vivas
J'ai lu "le Goncourt", que l'on m'avait offert pour Noël.
C'est leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu, à cent lieues de ce que je lis habituellement et encore plus éloigné de ce que je commets quand j'essaie de faire l'écrivain ; c'est fort et âpre, dans cette France dite "profonde" qui n'en peut plus depuis si longtemps, où l'on s'aime mais souvent mal, où les vices naissent de l'oisiveté forcée, où l'on n'a jamais vu un "gay" (comme ce mot sonne dérisoire dans ce contexte) et, s'il y en a, ce doit pas être la joie et il y a intérêt à se planquer m'éloigné-je.
426 pages qui se lisent quasiment (j'ai mon rythme, mais certains le peuvent) d'une traite car ça vous prend et c'est difficile de s'en détacher.
Beau cadeau, quoi.

Autre cadeau, mais d'anniversaire celui-là, Un amour sans résistance de Gilles Rozier, moins "décourageant" que le précédent, car je pense que je peux écrire aussi bien, voire mieux. Mais énervant parce que se déroulant sous l'occupation qui m'avait fourni le point de départ de ce que j'écris laborieusement. Mais excitant, aussi, car je trouve mon argument beaucoup plus original.
L'intérêt du roman de M.Rozier réside principalement dans le fait qu'on ne connaît pas le sexe du narrateur ou de la narratrice, un concept : un homo se dira que c'est une histoire d'amour entre deux jeunes hommes, un hétéro que c'est un couple "classique", une lectrice choisira l'un des deux. Seules les lesbiennes n'y pourront trouver leur compte.

Je viens de commencer Les caves du Vatican qui n'est pas un Simenon comme son titre pourrait l'indiquer, mais le seul roman d'André Gide que je n'avais pas lu.
Les premières pages ne sont guère engageantes, exhalant une forte odeur de naphtaline.
Je crois comprendre cette petite voix intérieure qui me disait non, pas celui-là, plus tard peut-être, et encore...

L'autre après-midi, j'ai lu (l'avais-je déjà lu ? il y a longtemps, peut-être) Le voyage dans le passé de Zweig.
Quelques pages seulement et tant d'émotions.
Z-w-e-i-g.


Leonardo DiCaprio, 26 ans, acteur

Photographie Luis Sanchis, 2000

Gravure de mode

William Bruce Ellis Ranken

Convoitise ?
Qu'allez-vous chercher là ?

mercredi 6 février 2019

Chatouilles et gratouilles (et vice versa)



GALETTE PAS VRAIMENT ROYALE



Gâteau des rois de chez nous
Comme chaque année, rencontre amicale à la maison l'autre dimanche pour une tradition des plus agréables consistant à "tirer les rois", comme on le dit sans malice.
J'avais pris le parti, cette année, de remonter jusqu'à mes racines, en servant un gâteau des rois à la mode provençale en lieu et place de la galette à la frangipane d'usage dans la France du haut.
Le gâteau des rois porte également le nom de galette bordelaise, de couronne des rois, de royaume, ou de pogne dans le sud de l'hexagone d'où je montai un jour pour n'en plus redescendre.
C'est une brioche recouverte de sucre et de fruits confits,  un peu "étouffe-chrétien" bien que d'origine paienne : elle était au centre de la fête qui célébrait, bien avant que les rois mages ne prennent la route, l'augmentation des jours après le solstice d'hiver, où l'on rendait hommage au dieu Saturne.
On  en trouve peu à Paris, à l'exception de quelques boulangeries d'exilés comme celle que tiennent de sympathiques aveyronnais à quelques mètres de mon domicile.
La curiosité amusée des convives faisait plaisir à voir, lesquels se disaient ravis de ce changement :  sans doute avaient-ils dégusté ailleurs maintes galettes frangipanées depuis le début du mois de janvier.
La plus jeune de mes invités fut évidemment réquisitionnée pour attribuer les parts aux convives.
La couronne  attendait de coiffer l'heureu(se)(x) et... attend encore, car on s'aperçut que la précieuse brioche était dépourvue de la moindre fève !
Le maître de maison n'avait plus qu'à ruminer son dépit.
Quant aux autres, ils en rient encore, c'est sûr !


Un ange passe


EURO(sans)VISION


Au cours de l'après-midi sans fève évoqué plus haut, l'un de mes jeunes invités, gay sans ostentation, me demanda mon avis sur le garçon qui représentera la France au calamiteux concours de l'Eurovision.
Ce "YouTubeur-chanteur" (si !) méga-hyper-over (très) efféminé a reçu, rançon d'une gloire dont chacun jugera si elle est méritée ou non, des insultes et menaces homophobes d'une violence qu'on aurait qualifiée d'inouïe en d'autres temps, mais qui fait florès à droite, à gauche et au milieu des réseaux dits sociaux, à tout propos, entretenant la guerre civile numérique en cours en nos charmantes contrées.
Cela suffit bien sûr à me faire sortir de mes gonds, dussè-je, à force, périr d'épuisement à m'indigner de toutes ces saloperies déversées en tombereaux par dessus nos têtes de civilisés.
Je fis observer néanmoins que cette hyper-visibilité d'une manière d'être encore considérée par beaucoup d'hominiens* comme contre-nature, résurgence des intégrismes de tous bords aidant, n'était pas pour calmer les bas-du-front qui ont pignon sur nos rues joliment éclairées, ces temps-ci, de poubelles et véhicules divers transformés en torches d'un effet que l'on trouvera peut-être discutable selon l'idée que l'on se fait de la vie en république.
À celles et ceux-là, il serait bon de démontrer qu'il existe des durs de durs en bleu de travail ou autres uniformes dits "virils" pour s'enculer allègrement bien loin de l'imagerie "queer" dont se gavent les journaux télévisés lors de chaque "marche des fiertés. Il est vrai que ça sèmerait une sacrée panique chez ceux qui ne niquent pas comme ils en ont secrètement envie, très souvent .
On comprendra sans mal que le jeune Bilal n'est pas précisément mon idéal masculin, et je me fiche comme de ma première fell sonatine de sa destinée au sein d'une compétition de ce (manque de) niveau.
Mais voici qu'une polémique (oh, une polémique, dis donc !) voit le jour, aimablement relayée par Valeurs Actuelles, au sujet de tweets que le jeune homme aurait émis (c'est le mot) autrefois pour défendre le charmant amateur de quenelles malencontreusement nommé Dieudonné mis à mal dans certaine émission de télévision.
La "star queer", comme le nomme le torchon sus-nommé, avait alors 14 ans, et l'on pourra se permettre d'espérer que, depuis, l'acquisition de ces trucs en papier appelés livres aura mis un peu de plomb dans sa jeune cervelle.
À suivre, tout de même.

* Hominien : j'en détourne quelque peu le sens, et désigne ainsi tout être prétendu humain qui a quelques siècles de retard à sa montre.

Jeune homme blond sans perruque mais très très très joli.


PETIT ALEXANDER EST DÉJÀ GRAND 


Récital Fondation Louis Vuitton
On a repéré Alexander Malofeev depuis longtemps, mais on se méfie toujours des enfants-prodiges.
Ce gamin stupéfiant arrachait les récompenses prestigieuses dans les concours de renommée mondiale comme le fameux Tchaïkovski, pas moins.
J'avais assisté sur le Tube à une démonstration imparable : rien moins que la Mephisto Walz n°1 de Liszt enlevée avec une fougue exemplaire.
Le gamin parcourait les scènes internationales, alignant Prokofiev, Rachmaninov (le troisième, une paille !) et autres parcours de santé.
L'autre jour, il participait à la soirée de clôture de la 25e "Folle journée de Nantes" (merci saint René Martin !), jouant le célèbre et périlleux Concerto en la mineur de Grieg déclenchant une mémorable ovation, en remerciement de laquelle il interpréta, en bis, le final de la 7ème Sonate de Prokofiev, un sommet de virtuosité, me laissant suffoqué et frissonnant dans mon canapé.
Pas encore 18 ans : un vrai grand pianiste nous est donné.
Alléluia !


Répétition et fin de concert à Nantes avec le Chef Alexander Sladkovsky


Ci-dessous, billet précédent : Alexander joue Rachmaninov
sous la direction d'un Myung-Whun Chung bluffé.

Nota (et non des moindres) :
On peut revoir le concert de clôture de la "Folle jounée 2019", avec le Concerto de Grieg à 25:10 ICI
(Attention : applaudissements enthousiastes à la fin du premier mouvement, mais le concerto est joué dans son intégralité, les deux mouvements suivants valant leur pesant de double-croches !) Et puis, le Prokoviev en bis, dites !

Nota 2
L'ange qui ne fait que passer, en noir et blanc, là-haut, se nomme Sandro Salomon. Il peut s'attarder un peu.

Cadeau : 24 minutes de bonheur



S.Rachmaninov,  Rhapsody sur un thème de Paganini ор.43.
Soliste : Alexandеr Malofeev (alors âgé de 16 ans)).
Direction : Myung-Whun Chung.
Orchestra Sinfonica Nazionale della RAI di Torino. Italy.
Auditorium RAI Arturo Toscanini
30 mai 2018

lundi 4 février 2019

Beau danseur

Claudio Coviello -  Teatro alla Scala - photo Giovanni Vecchi

En commentaire, un fidèle lecteur milanais me signale que Claudio est né à Potenza dans le sud de l'Italie en 1991. Il est maintenant le premier danseur du Teatro Alla Scala.

Garçons nus tout mouillés

Photo Eliot Elisofon, années 30
Une question me vient : qui sont ces pervers vêtus de noir en haut à gauche de la photo ?
Jusqu'aux années 60, la natation se pratiquait nu dans beaucoup d'écoles américaines, et notamment au sein des YCMA, mouvement de jeunesse chrétien (exclusivement masculin jusqu'aux années 70) qui existe encore de nos jours un peu partout dans le monde et fut célébré, comme vous le savez peut-être (!) par le groupe disco Village People dans une chanson désormais "culte".
Au départ, à la fin du 19e siècle, on s'aperçut que les fibres s'échappant des maillots de bain de l'époque obstruaient les filtres des piscines, ce qui eut pour effet de généraliser la pratique de la nage à l'état naturel.
De plus, on pensait que la natation, pratiquée nu, était plus hygiénique.
La tradition perdura jusqu'aux années 70, quand la mixité fit son apparition dans l'association.
Ce genre de comportement, jugé normal à l'époque, serait générateur de tempêtes de nos jours où la pruderie est de mise.




Les photos ci-dessus proviennent d'archives des YMCA

Un témoignage d'un "ancien" trouvé sur le Net (mal traduit, désolé) :

[La natation était obligatoire pour le camp d'été du YMCA. 
J'avais peut-être environ 8 ans à l'époque et j'y suis retourné les deux  années suivantes également. 
Toute notre natation était complètement nue, pas de maillots de bain autorisés. 
J'ai lu que la raison en était qu'ils ne voulaient pas que les 
fibres de coton qui sortaient parfois des maillots de bain obstruent leurs filtres. 
Quoi qu'il en soit, personne n'a paniqué, personne n'a été molesté (putain!) Et nous avons 
même nagé nus (et d'autres trucs) au camp d'été. 
Et un peu plus tard, au collège, nous nous sommes douchés nus. 
De bonnes choses et les garçons seront des garçons! ]


YMCA "nude swimming"


La pratique était également généralisée, semble-t-il, dans les armées des différents belligérants lors des conflits du vingtième siècle comme en attestent les très nombreuses photographies que l'on trouvera sans peine sur la toile.

Ici, sans doute des soldats

C'est lundi, mais si, mais si !

Cra-quant, non ?

"Est-elle bonne ?"
Patryk Lawry, encore, par Lulu McArdle 

Oui !

dimanche 3 février 2019

Grasse matinée ou pas...


bon dimanche !

Cadeau : musique et cinéma



C'est une version "romantique" de l'un des Préludes du Clavier bien tempéré de J.S Bach, un arrangement par Alexandre Siloti (1863-1945) qui fut un ami de Tchaikovski (il fut l'éditeur du célèbre Concerto pour piano et Orchestre n°1) et reçut l'enseignement de Franz Liszt.
Siloti change la tonalité originale (de mi à si mineur) et harmonise à sa guise ce Prélude que l'immense Emil Gilels joue, ci-dessus, à l'issue d'un récital berlinois de 1964.
Une réussite, à l'instar de certains "arrangements" de Liszt, Busoni, ou, plus près de nous, d'un Whilelm Kempff.
On entend cette oeuvre, ainsi arrangée, dans le joli film L'économie du couple de Joachim Lafosse que diffusait Arte jeudi dernier.

Jouée par Glenn Gould telle qu'elle fut composée, elle sert de fond sonore - ou peut-être l'a t'elle inspirée ? - à cette scène du film Shame de Steve McQueen où l'on suit Michael Fassbender courant dans NY. Non seulement la séquence est cinématographiquement très réussie, mais elle illustre à merveille ce que le talent peut produire en matière de mariage image et musique.


Un mariage parfait

Jean + Jean = Jean

Cocteau et Marais, indivisibles, en 1940 par Cecil Beaton

samedi 2 février 2019

Et si...


j'allais à la "crêpes-partie" de Silvano ?

C'est la Chandeleur



L'ancienne et paienne "fête des chandelles" fut récupérée par les Chrétiens qui en firent la commémoration de la présentation du Christ au temple.
Pour tous, mécréants compris, c'est l'occasion de déguster des crêpes en prolongeant un rite qui consistait à les faire sauter de la main droite en tenant une pièce d’or de la main gauche, pour espérer connaître la prospérité toute l’année si la crêpe atterrissait correctement dans la poêle.











Mais passez donc plutôt à notre orangerie vers quatre heures et demie de l'après-midi pour une dégustation.

Crime


C'est une boîte-à-livres, de celles qui permettent de partager ses lectures, de mettre des livres gratuitement à disposition du passant.
C'est à Bordeaux, place Francis-de-Pressensé, tout dernièrement, qu'un barbare a commis cet acte inadmissible.