Pilori ou lapidation* ?
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| Jean Dujardin et Louis Garrel dans J'accuse de Roman Polanski |
J'avais vu J'accuse au cinéma.
C'est un film très académique dont la réalisation ne méritait certes pas un César, une sorte de téléfilm de luxe servi par d'excellents comédiens, Louis Garrel en tête, un formidable Gadebois, et Jean Dujardin, lequel, habituellement, m'est plutôt indifférent.
Bref, c'est mieux ou presque (j'ai un doute, c'est à revoir) que le téléfilm réalisé en 1995 par Yves Boisset avec un excellentissime Thierry Frémont, qu'on pourra comparer au Polanski "césarisé".
Le cinéaste qui nous effraya autrefois avec son Bébé de Rose Marie, nous réjouit avec son Bal des vampires, nous émut avec un Pianiste inoubliable et moult autres films d'indéniable envergure a rempli son contrat avec professionnalisme, faisant oeuvre utile en cette période de résurgence de l'antisémitisme et, plus généralement, de toutes les haines.
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| L'écrivain Daniel Defoe mis au pilori à Londres en 1703 | Leemage - AFP |
On sait que le joli Jour de pluie à New York, dernier opus de Woody Allen fut ostracisé par les nouvelles ligues qui régentent aujourd'hui la vie culturelle de notre douce France.
Le déchaînement qu'entraînèrent les douze "nominations" de J'accuse aux César, les manifestations aux abords de la salle Pleyel, les tags et autres dégradations qui les accompagnèrent, les insultes vociférées, les "blagues" de Florence Foresti sur la taille de celui-dont-il-ne-faut-pas-dire-le-nom, blagues paradoxalement douteuses après une désopilante tirade sur cet "humoristiquement correct" qui a désormais force de loi, l'embarras de ce pauvre Darroussin, la sortie d'Adèle Haenel, le désarroi final de Sandrine Kiberlain qui fit justement observer - avant, après, pendant ? Je ne sais plus, tout s'emballe ! - que le film du paria soulève un problème pas du tout résolu au vingt et unième siècle, celui de la haine anti-juifs, qui devrait interpeller les gays, les noirs, les arabes, les asiatiques, et les autres.
Quand Lambert Wilson, qui n'est pas un petit acteur à la con, dénonce le lynchage de Polanski, digne des pires sanctions "populaires" de l'Histoire, il a bien sûr mon assentiment : le retour du pilori et de la lapidation, sous toutes leurs formes, en résurgence de la loi du talion, n'ont pas de quoi enchanter les temps nouveaux.
Enfin, peut-être serait-il bon de se souvenir des événements que relate le film de Polanski.
Enfin, peut-être serait-il bon de se souvenir des événements que relate le film de Polanski.
* Omission : la flagellation publique, c'est bien aussi.
Sortez vos morts !
Un humoriste que j'entraîne ("coache" pour les anglophones) pianistiquement, m'envoya récemment un message ainsi libellé :- T'étais pas en Italie, toi ?
Quand on sait combien les artistes sont hypocondriaques (normal : "vais-je pouvoir jouer ce soir ?"), sous la question perçait une inquiétude que je crus calmée par ma réponse : - Oui, mais à Rome.
Las, l'artiste en question "oublia" son rendez-vous, me mettant en quarantaine de son propre chef.
Cet humoriste est notoirement doté d'une grande intelligence et d'une culture certaines , ce qui ne laisse pas de m'inquiéter : je me dis que si des gens comme lui sont saisis tout à coup d'une peur irrationnelle, on ne peut être étonné des débordements hystériques et violents dont furent victimes, tout récemment, des touristes désireux de débarquer en terre martiniquaise ou à La Réunion.
Je fais quant à moi confiance aux organes officiels, évitant comme la peste (!) les réseaux dits sociaux et les médias populistes qui se frottent les mains (re !) dans la perspective d'affoler les publics les plus crédules, à l'instar des politiques spécialistes du genre, comme Le Pen (entreprise familiale), Dupont-Aignan et autres humanistes de haute volée.
La rumeur étant devenue, en temps ordinaire, chose courante, l'arrivée
En attendant que ça passe ou de passer de vie à trépas (après quelques bisous d'anges trop appuyés tant qu'à faire), faisons provision de beauté.
(Illustration : Le triomphe de la mort, par Pieter Brueghel l'Ancien, 1562 | Museo del Prado)
Et Bach dans tout ça ?
Hannes Minnaar, pianiste : J. S. Bach / Ferruccio Busoni: Nun komm der Heiden Heiland BWV 659
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| Oh oui, des bisous ! |

















































