Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


samedi 17 avril 2021

Toujours plus haut

Harold Feinstein | Blanket Toss Beach Play, Coney Island, 1955

Eddy de Pretto est bon

Visuel de l'album À tous les bâtards
Les bâtards selon lui, ce sont les parias, les exclus, les bizarres, les étranges, les monstres, ceux qui dérangent, que l'on met à l'écart, ceux dans leur chambre toujours dans le noir.
Avec son nouvel album, Eddy de Pretto, confirme tout ce que l'on avait décelé dans son premier opus : un talent gros comme une barre d'HLM de Créteil - avec ou sans soleil -, une voix qui prend aux tripes, une "chanson française" enfin renaissante - depuis le temps qu'on  attendait ça ! - à des années-lumière des groupes branchés entendus (ma pause-pipi en général) chez Yann Barthès et/ou sur YouTube et sitôt oubliés.
Tout l'album est œuvre dont, sans conteste, Freaks est le chef, chanson-hommage à tous les exclus, mais aussi profession de foi qui en dit long sur sa personnalité :

(...) Tu verras, j'peux faire de grandes choses avec mon spleen
Pas besoin de faire comme tous ceux qui se confondent
J'ai de l'or dans mon Moleskine
À refaire, jе ne serai pas celui qui se plie pour tenter d'plaire
Je serai celui hors des critères qui choisit son temps
À refaire, je serai plutôt celui qui s'met en avant et fier
Ce qu'on a pas voulu faire de lui, qui s'est trop longtemps laisser taire (...)

Eddy vit à quelques mètres de chez moi. Je l'ai croisé à deux ou trois reprises, lui prodiguant mes encouragements, me risquant même, un soir d'août, à lui offrir mon roman.
Je ne sais s'il l'a lu. Je sais seulement qu'il a reçu le cadeau avec émotion. C'est suffisant.
Avec A tous les bâtards, Eddy de Pretto, qui a préféré pour illustrer la pochette le dessin envoyé par un admirateur à une photo bien léchée-formatée, signe un album (préférez le vinyle si vous êtes équipé) qui fera doute. Je l'écoute tant et tant sans jamais m'en lasser. 

Dans une rue de Paris le 24 mars (son compte Tweeter)

Nota : on peut réécouter l'émission de France Inter Popopop d'Antoine de Caunes consacrée à Eddy de Pretto en cliquant tout simplement ici.

jeudi 15 avril 2021

Règle de vie


Il faut toujours, au cours de la journée,
s'accorder un moment de solitude pour méditer.
Confucius le préconisait. La sagesse.

Il paraît qu'il faut dire "vintage"

 Gays australiens en joyeuses bandes à la fin des années 40

mercredi 14 avril 2021

Charles, un Prince


Il y a quelque chose de viscontien (voir billet précédent) chez ce Charles Bilgrien,
lequel se fait également prénommer Chuck ; ce qui, vous en conviendrez,
cadre mal avec cette image d'un Tadzio qui aurait mûri.

D'une époque à l'autre


Visconti et son tout jeune acteur lors du tournage de Mort à Venise

Devisant l'autre jour avec un jeune ami sur les années 70 qui virent maints tabous voler en éclat, je fis remarquer, au cours de notre conversation, que des films comme Mort à Venise (fascination exercée sur un homme vieillissant par un encore-enfant*) ou Sandra/Vaghe stelle dell'Orsa (inceste frère-sœur) de Visconti, précisément, ne pourraient se faire de nos jours. Dans le cas contraire, ils déclencheraient un assourdissant tollé. Les temps changent. Ces choses-là, pourtant, continuent d'exister.

Jean Sorel et Claudia Cardinale, beaux, dans Sandra (1965), sulfureuse passion

" Demandez-lui d'ôter son pull ! "



* On s'offusque aujourd'hui de l'attitude de Visconti, lequel, lors du "casting" de Morte a Venezia, demande à Bjorn Andresen d'ôter son pull et de se montrer ainsi torse-nu : c'est oublier que le film se déroule en grande partie sur la plage du Lido.
Selon de nombreux témoignages - c'est fou comme les langues se délient au fil des opportunités du temps ! -, le cinéaste se plaisait à exhiber, tel un trophée, l'adolescent dans les bars et clubs environnants, comportement que je condamnerais sans hésiter s'il était avéré, malgré la grande admiration que je voue au grand metteur en scène. 







(...) c'est oublier que le film se déroule en grande partie sur la plage du Lido.


mardi 13 avril 2021

GC Pratique : tabouret de piano ? À proscrire !

Finn Wirbuleit par Alvaro Arteche

Après avoir sué sur le montage des 12 études d'exécution transcendante de Franz Liszt et ressenti un terrible mal de dos, ce jeune homme s'apprête à jeter son tabouret à vis, beaucoup trop petit de surcroît.
Bien lui en prend !
Rien n'est plus déconseillé aux pianistes que l'usage d'un tel siège : on lui préfèrera sans hésiter une banquette, les plus pratiques étant celles à dispositif hydraulique pour le réglage de la hauteur, utilisées aujourd'hui pour la plupart des concerts et récitals. Ces dernières sont pourvues d'une large assise permettant de recevoir jusqu'aux postérieurs les plus callipyges.
J'hésite pour ma part à changer ma banquette actuelle pour une chaise spécialement conçue pour le piano, telle qu'en posséda Glenn Gould. Même défoncée, le pianiste l'utilisa pendant des années, l'inconvénient majeur de ces chaises étant leur prix : compter au minimum 500 euros !
Un compromis intéressant, mais tout aussi onéreux, me semble la banquette à hauteur réglable par ascenseur hydraulique avec dossier pour petits dos fragiles (photo 3).
Notre jeune et joli jeune homme pourrait alors s'attaquer sans dommages à son intégrale lisztienne, voire y ajouter la Sonate en si mineur pour faire bonne mesure.

1- Banquette hydraulique "classique".


3- Un compromis
2- Chaise "à la Glenn Gould".

lundi 12 avril 2021

Trop stylé, Max*


Max Schneider (né en 1992), photographié ici avant l'inévitable barbe, est chanteur, danseur, mannequin et acteur, rien de moins.

* Je parle "jeune", quand je veux.

Rome, bien avant l'épreuve

Il est pratique de se donner rendez-vous sur la Piazza del Popolo au pied de la Scalinata del Pincio (escalier du Pincio) avant de monter jusqu'à la Villa Borghese, lieu privilégié de nos flâneries mais aussi de nos délires sur les Rosalies, t'en souviens-tu ?
La photo, prise par un touriste, date de juin 2006.

Nos délires sur les Rosalies

Ce sont mes premières "vacances" de printemps sans séjour italien.
L'Ami prodigieux est parti rejoindre les siens pour cette trop longue période.
Paris m'ennuie. Alors, pour fuir, j'écris.

Procrastination

Vive le télétravail qui permet des lundis matin plus tranquilles.   

dimanche 11 avril 2021

Craquant, fondant

 Bon
dimanche !

Magique Lucas

Nota : par je ne sais quels aléas, ce billet-musique du dimanche programmé à l'heure habituelle n'apparut pas ce matin.
J'ai pu le récupérer finalement et lui redonner toute sa place : les amateurs apprécieront.
J'espère que les lecteurs qui lisent ce journal dès l'aube et en furent privés, reviendront le voir. 


Lucas Debargue, pianiste français d'exception, excelle dans Scarlatti, mais aussi dans Liszt : on appréciera (humblement, si l'on taquine le clavier) sa très belle interprétation de la Sonate en si mineur de ce dernier, sonate toujours formidablement "moderne", grâce à laquelle il obtint le Prix Cortot en 2016 ; c'est là : clic
Pour le Scarlatti ci-dessus, outre le jeu éminemment respectueux du style du compositeur italien, on appréciera l'environnement en phase avec mon billet précédent. Mais surtout la sonorité du piano, vraisemblablement (la prise de vue ne permettant pas de le déceler) un Pleyel des années 1920-1930, lumineuse, très "française". Dans l'indispensable coffret qui contient l'intégrale des enregistrements du vénéré Samson François, les utilisations de l'instrument de la fabrique parisienne aujourd'hui disparue, sont remarquables pour peu que l'on soit doté d'une oreille de mélomane : la différence avec les sempiternels Steinway, excellents néanmoins, est probante.
J'eus l'occasion de passer un après-midi à m'émerveiller de la qualité technique et sonore d'un 1/4 de queue Pleyel de 1927 qui avait traversé la Méditerranée en son temps, d'Oran à Paris, et fut restauré admirablement il y a quelques années. J'ai failli acquérir cet instrument, mais le décès de la vieille dame qui le possédait mit fin à toute transaction, la famille ayant décidé de le récupérer, car, me dit-on alors, c'était un "très beau meuble".
J'en suis à jamais inconsolable.  

Un déjeuner de bon goût

 Si les mets sont du même niveau que le cadre,
je m'y inviterai volontiers.
Ne manque que l'adresse.

samedi 10 avril 2021

Simple et naturel

Ce que je pense de la situation sanitaire

Austin Butler, nouvel Elvis


Austin Butler, 30 ans, est Elvis Presley dans le film biographique (et sans doute un peu déjanté) de Baz Luhrmann Elvis, dont les Américains ont repoussé la sortie à 2022.
C'est Tom Hanks qui sera le fameux Colonel Parker, qui fut le terrible agent du chanteur.
La carrière du sieur Butler est déjà bien remplie, au cours de laquelle lui fut confié un rôle assez important dans Il était une fois à... Hollywood de Quentin Tarantino.
Aujourd'hui brun et toujours séduisant, Austin fut à 18 ans un choupinou des plus craquants : 

On remarquera le pelvis du futur Elvis... et le reste.