Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


samedi 24 décembre 2011

Ce soir...

Ce soir, nous aurons une pensée particulière pour ceux qui sont seuls, pour ceux qui sont loin de chez eux, pour ceux qui ont faim, pour ceux qui sont privés de liberté, pour ceux qu'on opprime, qu'on humilie, qu'on exclut, pour toutes les victimes des guerres oubliées, pour les enfants d'ailleurs qui ne savent ce que Noël veut dire.
S.


Lignes : surréaliste !

Mais, cesse de nous narguer, toi !


vendredi 23 décembre 2011


Le comédien Britanique Freddie Highmore, ici dans le film "The Art of Getting By"
Merci à Tequila Sunrise

Méditons

"Privez-moi du nécessaire, mais laissez-moi le superflu"
Oscar Wilde

Songes d'une nuit d'hiver


En abîme


Une histoire triste*


La boulangerie de la place a récemment changé de propriétaires.
Ils ont un fournil ouvert sur la rue, juste protégé par une vitre : j’y avais repéré un très beau jeune homme, pas un minet, non, vraiment un beau garçon (de haute taille, bien fichu, brun, un visage lisse, le rêve, quoi !) ; me voyant tombé en arrêt, il m’a souri !
Comble de bonheur, deux ou trois jours après, c’est lui qui m’a servi le pain quotidien : la voix allait de pair avec ce beau sourire, amabilité en plus.
Puis, j’ai eu beau faire de ce boulanger mon nouveau fournisseur (!), je n’ai pas revu le garçon ces dernières semaines.
Une affichette indique depuis peu que la boulangerie est fermée le samedi et le dimanche… pour quelques temps.
C’est intrigant quand on sait que ces excellents pâtissiers feraient un bon chiffre ces jours-là.
Tout à l’heure j’ai demandé à la vendeuse s’ils ouvraient les 24 et 31 décembre ; elle m’a répondu que non, et m’a dit : « Ils n’ont pas le cœur à ouvrir ».
Devant mon regard interrogateur, elle s’est penchée pour me confier à voix basse que le fils de la maison était décédé, fauché par une voiture.
Moi, j’ai demandé « quel âge ? » et elle m’a dit « 19 ans » ; je n’ai pu m’empêcher de lui dire « c’est le beau garçon souriant qui servait de temps en temps ? » et elle m’a répondu par l’affirmative.
Je suis sorti tout flageolant.
Je hais les injustices de la vie.
S.
* Et malheureusement authentique.

mercredi 21 décembre 2011

Mail

"Cher Père Noël, je voudrais cette année avoir un vrai ange en chair et en os pour les fêtes.
Je lui offrirai de l'amitié, de la tendresse, du vin, de la musique, des rires, de bons petits plats 
et je promets d'être sage."

Ironie

Je sais que tu pensais :
- Qu'as tu derrière la tête ?
Tu perds pas le nord, toi !
...
Et là, je savais que je devais le perdre de toute urgence.

Regards, profonds regards


- Deux photos de Lucy Carr-Ellison -

Nu, extrêmement

On vous aime élégants



mardi 20 décembre 2011

Cadeau du ciel

Cabaret culte (publié en novembre 2008)

La vie d'un cabaret et l'histoire d'un amour entre l'une des chanteuses et un jeune étudiant dans le Berlin des années trente, secoué par la montée du nazisme. Oscar 1972 de la meilleure actrice pour Liza Minnelli.

Le film de Bob Fosse ("Sweet Charity", "All' that jazz", "Lenny") s'inspire de la pièce de John Van Druten et de l'ouvrage de Christopher Isherwood "Adieu à Berlin" où ce dernier raconte ses pérégrinations dans l'Allemagne des années 30, en pleine montée des intolérances et des idées qui allaient précipiter le monde dans les horreurs du conflit de 1939/1945.
Dans "Adieu à Berlin", l'histoire de la rencontre avec Sally Bowles, incarnée à l'écran par Liza Minnelli n'est finalement qu'anecdotique, l'ouvrage étant fragmenté en 6 histoires qui constituent une étude divertissante sur les années qui précédèrent la venue d'Hitler au pouvoir.
Publié en 1939, "Adieu à Berlin" aborde de front l'homosexualité du personnage principal où l'on reconnaîtra l'écrivain lui-même.

Dans le film de Fosse, le personnage de Brian (Michael York) est présenté comme "amoureux" de Sally mais on ne nous ne cache pas qu'il préfère les garçons.
Subtilement, dans une scène où les trois personnages principaux, éméchés, s'unissent en une danse très "décadente", le cinéaste suggère au spectateur les sentiments que Brian éprouve pour le beau Maximilian interprété par Helmut Griem (image 2).

"Cabaret", comédie musicale qui triompha à Broadway, fut récemment reprise, notamment à Paris, aux Folies Bergère, dans une mise en scène de Sam Mendes qui réussit l'exploit de nous captiver même si l'on a vu le film de nombreuses fois comme c'est le cas pour l'auteur de ces lignes.

Film touché par la grâce, porté par l'extraordinaire présence de Liza Minnelli, drôle et tragique à la fois, "Cabaret" doit figurer en bonne place dans toute bonne vidéothèque.

Nota : les précédentes éditions du DVD ne respectaient pas le format d'origine du film.
C'est en 16/9 "widescreen" qu'il convient de le regarder.
En France, seule l'édition "Prestige" éditée par Aventi, même si l'on ne nous offre pas de "restauration", est acceptable :

Chris et Don, une histoire d'amour

 Don Bachardy et Christopher Isherwood à l'époque de leur rencontre (1953).
Le jeune peintre a tout juste 18 ans.

 Cabaret fut donc largement inspiré par "Adieu à Berlin" de Christopher Isherwood, celui-là même qui écrivit cet "Homme au singulier" qu'adapta récemment Tom Ford au cinéma.
Magnifique homme de lettres, Isherwood eut à contourner les médisances dès lors qu'il se lia amoureusement avec le peintre portraitiste Don Bachardy, de 30 ans son cadet (c'est cette différence d'âge qui alimenta les potins californiens), lequel partagea ses jours et ses nuits jusqu'à sa mort.
Les deux amis surent, malgré ces malveillances, tisser un réseau de relations dans le monde de la culture et du spectacle des plus enviables (ceci expliquant aussi cela).

 Les mêmes en 1968 devant la toile que leur dédia David Hockney

Le beau film documentaire de Tina Mascara et  Guido Santi conte l'histoire de l'amour éternel entre Bachardy et Isherwood, l'histoire de deux hommes, un "jeune" et un "vieux" qui étaient faits l'un pour l'autre, tout simplement.
Touchant, émouvant, parfois drôle, le film est un véritable hymne à l'Amour qui laisse pantois l'hétéro de base qui ose la curiosité.
Une leçon d'humanité.