Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


mercredi 23 janvier 2013

Plus on est de fous...

Photo J.Philippe Guillemain
... plus
on
s'aime.
Vous aussi, rentabilisez vos chaises !

Une demi-heure

   
Je n’ai pas réussi à te plaire, et je ne pense pas
y arriver jamais. Quelques mots, une approche
comme avant-hier au bar, et rien de plus.
Que ce soit triste, je ne dis pas. Mais nous autres artistes,
à force de concentration, et bien entendu pour un court
laps de temps, il nous arrive d’éprouver un plaisir
qui a presque l’apparence de la réalité.
C’est ainsi qu’avant-hier au bar - la générosité
de l’alcool y étant pour beaucoup - j’ai connu
une demi-heure d’amour parfait.
Et tu as dû comprendre, il me semble,
puisque tu as fait exprès de t’attarder un peu.
C’était une grande nécessité. Car en plus
de mon imagination, en plus de la magie de l’alcool,
il fallait que je voie tes lèvres,
il fallait que ton corps soit proche.
Constantin Cavafy -Κωνσταντίνος Πέτρου Καβάφης- 1917

Traduction de Dominique Grandmont, En attendant les barbares et autres poèmes, Gallimard.

Μισή Ώρα (Une demi-heure)

Μισή Ώρα
 
Μήτε σε απέκτησα, μήτε θα σε αποκτήσω
ποτέ, θαρρώ. Μερικά λόγια, ένα πλησίασμα
όπως στο μπαρ προχθές, και τίποτε άλλο.
Είναι, δεν λέγω, λύπη. Aλλά εμείς της Τέχνης
κάποτε μ’ έντασι του νου, και βέβαια μόνο
για λίγην ώρα, δημιουργούμεν ηδονήν
η οποία σχεδόν σαν υλική φαντάζει.
Έτσι στο μπαρ προχθές —βοηθώντας κιόλας
πολύ ο ευσπλαχνικός αλκολισμός—
είχα μισή ώρα τέλεια ερωτική.
Και το κατάλαβες με φαίνεται,
κ’ έμεινες κάτι περισσότερον επίτηδες.
Ήταν πολλή ανάγκη αυτό. Γιατί
μ’ όλην την φαντασία, και με το μάγο οινόπνευμα,
χρειάζονταν να βλέπω και τα χείλη σου,
χρειάζονταν να ’ναι το σώμα σου κοντά.

 Κωνσταντίνος Πέτρου Καβάφης

Roux doux doux


Via superpretty

Cadeau : J.S Bach | Andreas Scholl, alto - Ph. Herreweghe, dir.*



J'écoute souvent ces cantates pour alto, dans cette édition précisément. J'avoue que j'occulte volontiers leur caractère sacré. Je laisse parler mes sens, appréciant la voix de Scholl et ce magnifique prélude brillamment restitué sous la baguette de Philippe Herreweghe, où l'orgue se fait léger, omniprésent malgré tout, mais utilisé de manière moins empesée que dans beaucoup d’œuvres mystiques.
J'aime bien l'avant-propos du contributeur à You Tube :  "La voix de l'Esprit Saint ? Selon une tradition théologique allemande que connaissait fort bien Bach, le recours à la voix d'alto symbolisait l'expression même de l'Esprit Saint. Ces trois cantates solistes ne dérogent pas à la règle, même si l'on ne sait toujours pas à qui Bach destinait ces partitions : ni femme, ni castrat, il ne pouvait s'agir que d'un falsettiste ou d'un garçon exceptionnellement habile."
L'Esprit Saint descend-t-il me visiter à l'écoute de ces pages "incroyables" ?
Si ce n'est pas le cas, mon émotion est due à la musique en tant que telle, à cet art admirable de la composition qui fait de Bach le père de toutes les musiques.
Je respecte néanmoins la foi qui l'animait : la religion peut aussi inspirer de belles choses.

*  Bach - Cantate BWV 35 pour alto
Andreas Scholl, Alto
Marcel Ponseele, Hautbois
Orgue, Markus Märkl
Clavecin : Frédérick Haas
Collegium Vocale Gent
Philippe Herreweghe, Direction

Rayons


Gouache

Yannis Tsarouchis 1936

mardi 22 janvier 2013

Les petits bonnets

Artem Shcherbakov - Via Pixelated Texan

Je fonds littéralement lorsque je croise un joli garçon coiffé de ce type de bonnets. Las, cette année, à Paris, la tendance est au bonnet à pompon. J'ai envie de leur demander : "comment est la neige, aujourd'hui ?"


Mardi, lire...

Les
autres
jours
aussi.

Roman "culte"*

Stephen Spender et son ami Franz Büchner sur le Rhin (1929) - Herbert List | Magnum







La photo d'Herbert List, en haut, en dit long sur la teneur de ce beau roman qui est aussi un journal de voyage à travers l'Allemagne d'avant le nazisme. A lire ou à relire.
Je n'aurais pas fait mieux que l'article à lire ici : clic




*Je n'aime guère le mot "culte" attaché à tout et à rien. Ici, cela me semble justifié. Et puis, vu le titre de ce blog (même si, dans mon esprit, je le baptisai ainsi dans le sens "religieux"...)...

Aux portes du rêve


Mots

Roger Viollet 1893

lundi 21 janvier 2013

Cambrure


Tu peux être qui tu veux être


Nagisa Oshima, 3 mars 1932 - 15 janvier 2013



Auteur du célèbre "Empire des sens", Nagisa Oshima, tout récemment décédé, laisse deux films qui nous concernent : Tabou (Gohatto), en 2000, où un jeune samouraï trop beau met le feu au corps et au cœur de guerriers aguerris, et Merry Christmas Mr Lawrence (en France, Furyo), en 1983, où David Bowie sème le trouble chez le commandant du camp de prisonniers (Ryuchi Sakamoto, également compositeur de la musique du film, ultra-célèbre).

Le cinéma international est en deuil.