Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


dimanche 21 juin 2015

Premier dimanche d'été (avec anges)







Je vous souhaite 
un bon dimanche
et un bel été 2015.
Silvano

(Gay Cultes est un peu touffu aujourd'hui. Vous pouvez vous en plaindre en commentaire.)

Mais aussi...

Soit le jour de l'année où, bien souvent, la musique subit les pires outrages.
En résumé : 


"La musique est un bruit qui vient de l... par franceinter

J'aime beaucoup ce lutin malicieux et féroce.

Cadeau : Brahms à fleur de peau, beau à en pleurer


Piano concerto n°1 in D minor, op.15
2ème mouvement (Adagio)

Vladimir Ashkenazy, piano
Los Angeles Philharmonic Orchestra
Carlo Maria Giulini, direction

C'est bien parce que c'est l'été...


L'homme aux doigts d'or (2)

Résumé : à l'issue d'un récital qu'il juge raté, Paul Soubeyrand, pianiste de renom, dédicace ses disques dans le foyer d'une grande salle parisienne ; dans l'encadrement d'une porte, un jeune homme d'une grande beauté l'observe se livrant à cet exercice fastidieux.


Je pense « ce garçon est venu se faire aimer de moi ». 
Éloigner de moi ce calice pour mon salut serait de l’homme raisonnable que je m’emploie à devenir.
Non, j’attends la dernière signature, qu’il s’approche de la sainte table ; je prends ce faux-air détaché, ridicule, dont j’use quand une panique intérieure s’empare de moi, quand je sens mon cœur au bord de la convulsion, quand je tombe amoureux, – "tombe", oui, c’est le mot ! - comme ça, d’un coup ; pourquoi ?
Je prends un disque sur la pile et lui jette un regard oblique : « ? ».
- Non, merci, je voulais juste vous dire que c’est la première fois que je vais au concert, et ça m’a vachement plu.
- Vraiment ? (Mais quel est ce son qui semble venir des tréfonds, inaudible, presque ?) 
- Bon, à part le morceau avant les rappels. Là, j’y suis pas entré, j’avoue.
- Moi non plus, m’assassine-je.
Il se tait, me troue du regard comme s’il voulait me mettre à jour instantanément, découvrir dans l’instant ce qui se cache derrière l’artiste en frac qui a joué ces trucs qui lui ont « vachement plu », ce Paul Soubeyrand, dont le patronyme semble avoir été créé pour figurer sur les affiches d’un blanc écru, toujours les mêmes quel que soit le soliste, qu’on placarde au fronton des salles de concerts.
- On prend un verre ? Vous voulez bien, dites ?
Edgard, chuinte-t-il, penchant la tête, gracieux tout-à-coup...
Et mon programme alors ? Et le velouté des jeunes fesses que l’on frôle au son d’un vrai disque noir, du Schubert – Fischer Dieskau après le disco - aux premières heures du jour, après trop de gin-fizz sirotés au comptoir où se pressent les gitons peu enclins à regagner leur banlieue-dortoir, qu’un homme encore jeune « qui a la classe » mènera à un appartement « c’est hyper-grand chez toi ! » qui sera leur pour quelques heures, jamais plus, sauf à tomber sur la merveille des merveilles qui, de plus, aura déjà ouvert un livre dans sa jeune vie ?
Mais bon sang, quel sort m’a-t-il jeté pour que je bredouille « Attendez-moi, non, non, suivez-moi, ils vont fermer ; venez, oui, le temps de me changer, oui, d'accord, allons prendre un verre, euh… »
- Edgard, chuinte-t-il, penchant la tête, gracieux tout-à-coup, comme enivré de prononcer son propre prénom.
Et moi, con :
- Edgard, oui, comme Poe
Et, pas drôle :
 - Comme Edgard… Quinet !
Flop.

On n’emmène pas un Edgard dans un boui-boui, pas dans un bar à pédés : on respecte un Edgard, on ne le met pas en concurrence avec une faune d’éphèbes rivalisant de minauderies pour aguicher un trentenaire pas encore désabusé, moi.
Le bar d’un palace, voilà l’écrin rêvé pour un Edgard, mon stupide grand amour d’il y a trente minutes à peine ou déjà ! C’est inexplicable, cet embrasement, grotesque pour qui voudrait me juger avec malveillance ; je m’en fous et refuse de me contrôler.
Le bar du George V, s’il n’y a jamais mis les pieds, ne semble guère l’impressionner, où il commande sans ciller un Celebrity, marque de whisky rarissime qu’on ne peut trouver que dans ce type d’endroit.
Devant mon air circonspect il suggère :
- Essayez, Maître, c’est divin !
Il y a dans ce « Maître », dans ce « divin », une ironie salubre, la révélation d’un don de l’observation, de l’écoute, peu communs : en quelques minutes, le garçon a enregistré les tics et le toc de mon public envisonné.
J’obtempère et acquiesce au « divin » : le précieux liquide, de grand-âge, se révèle liquoreux, que l’on boit à petites gorgées, sans glace, après avoir porté un toast « à la musique » sans entrechoquer nos verres (il a décrété, arrêtant mon geste « non, vulgaire ! », c’est bien).
 (À suivre, probablement)
© Silvano Mangana - Gay Cultes 2015
 



Qu'est-ce qu'une belle chanson ?


Si tu aimes les soirs de pluie
Mon enfant, mon enfant
Les ruelles de l´Italie
Et les pas des passants
L´éternelle litanie
Des feuilles mortes dans le vent
Qui poussent un dernier cri
Crie, mon enfant

Si tu aimes les éclaircies
Mon enfant, mon enfant
Prendre un bain de minuit
Dans le grand océan
Si tu aimes la mauvaise vie
Ton reflet dans l´étang
Si tu veux tes amis
Près de toi, tout le temps

Si tu pries quand la nuit tombe
Mon enfant, mon enfant
Si tu ne fleuris pas les tombes
Mais chéris les absents
Si tu as peur de la bombe
Et du ciel trop grand
Si tu parles à ton ombre
De temps en temps

Si tu aimes la marée basse
Mon enfant, mon enfant
Le soleil sur la terrasse
Et la lune sous le vent
Si l´on perd souvent ta trace
Dès qu´arrive le printemps
Si la vie te dépasse
Passe, mon enfant

{Refrain:}
Ça n´est pas ta faute
C´est ton héritage
Et ce sera pire encore
Quand tu auras mon âge
Ça n´est pas ta faute
C´est ta chair, ton sang
Il va falloir faire avec
Ou, plutôt sans

Si tu oublies les prénoms
Les adresses et les âges
Mais presque jamais le son
D´une voix, un visage
Si tu aimes ce qui est bon
Si tu vois des mirages
Si tu préfères Paris
Quand vient l´orage

Si tu aimes les goûts amers
Et les hivers tout blancs
Si tu aimes les derniers verres
Et les mystères troublants
Si tu aimes sentir la terre
Et jaillir le volcan
Si tu as peur du vide
Vide, mon enfant

{au Refrain}

Si tu aimes partir avant
Mon enfant, mon enfant
Avant que l´autre s´éveille
Avant qu´il te laisse en plan
Si tu as peur du sommeil
Et que passe le temps
Si tu aimes l´automne vermeil
Merveille, rouge sang

Si tu as peur de la foule
Mais supportes les gens
Si tes idéaux s´écroulent
Le soir de tes vingt ans
Et si tout se déroule
Jamais comme dans tes plans
Si tu n´es qu´une pierre qui roule
Roule, mon enfant

À tous les pères qui savent ce qu'aimer veut dire.

vendredi 19 juin 2015

Vive le camping sauvage !


Ange du jour

Miguel Bosé

Miguel Bosé : Miguelito devenu grand

Luchino Visconti avec Lucia Bosé, Miguel Bosé et Lucia Dominguin, Venise, 1972.Crédit: Archivio Cameraphoto Epoche


Dans Talons Aiguilles
Ah, Miguel Bosé !
On n'a pas oublié le juge-travelo de Talons aiguilles (Pedro Almodovar 1991) où il démontrait que le "joli chanteur-à-minettes" était aussi un excellent acteur, bon sang ne sachant mentir.
Miguel (né en 1956) est le fils de la vedette de cinéma italienne Lucia Bosé et du torero espagnol Luis Miguel Dominguin et mène conjointement une carrière de chanteur et d'acteur. Outre le film d'Almodovar sus-cité, on se souvient de lui en Duc de Guise dans l'oeuvre incandescente de Patrice Chéreau La reine Margot et du trouble qui, à sa vue, envahit le "beauf" joué par Alain Chabat dans Gazon Maudit (Josiane Balasko 1995).
Luchino Visconti était son parrain.
Pablo Picasso fut celui de sa sœur Lucia. En toute simplicité.

Immortalisé par Andy Wahrol


Énorme succès pour cette chanson, enregistrée également avec la chanteuse Shakira.
Je préfère la version solo.

Beaux restes

La Villa Petraia, Firenze (Florence, Tosc. It.)

Les shorts trop longs...


ça peut passer
quand ils
sont
mouillés.

jeudi 18 juin 2015

Natures vives

Photo Evgeny Mokhorev
Belles 
plantes, 
non ?

Cadeau rêvé


Sans aucun doute l'une des plus belles interprétations de cette célèbre pièce de Schumann, par Vladimir Horowitz, lequel ne put jamais "sortir du placard" et en souffrit toute sa vie.

Chez Luchino Visconti à Ischia


On me dit que la Colombaia (dernière villa de Luchino Visconti, à Ischia) est actuellement fermée pour "raisons techniques".
Je l'espère ouverte en août : c'était l'un des buts de mon séjour à Naples.

Projection de film à la belle étoile