Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


jeudi 16 janvier 2020

Un très joli


bracelet-montre,
ça se remarque
tout de suite !

Orient Express


Avant-goût


Messieurs Diogo Malheiros et Lucca Schlenker; ici photographiés par Gianfranco Briceño, posent avec des modèles de la collection été 2020 d'une marque de maillots de bain.
Si les vêtements de plage raccourcissent enfin dans ces proportions, l'on nous verra davantage sous les parasols que les années précédentes.





mercredi 15 janvier 2020

Il n'est point de sot métier


Ce jeune homme nommé Sean Ford gagne sa vie avec son bas-ventre :
il est "acteur" de films pornographiques et met le feu
aux sens de personnes très dignes comme Gus Van Sant, le cinéaste, qui
s'en est entiché au point de lui consacrer, dit-on, une série de photographies.
Le mec ressemble à tout sauf à un stéréotype de starlettes du X interchangeables,
ceci expliquant sans doute cela.
Il a même droit à un livre pour table basse dont les photos sont signées Hadar Pitchoun.

La solution

Par Anatol Knotek

Solitudine


Il faut savoir
maîtriser son "espace social".
Ainsi, il est indispensable de
pouvoir bénéficier d'un moment
de vraie solitude dans la journée.
L'un de mes compagnons de voyage
comprenait ce besoin que j'en avais lors
de récentes escapades italiennes et ne s'inquiétait
le moins du monde de ce que d'aucuns auraient pris pour
une fuite, voire un abandon, même momentané.
Mais la vie est ainsi faite que l'on peut avoir à souffrir de
la solitude quand elle se prolonge en fonction d'imprévues
conjonctions d'indisponibilité de vos proches.

lundi 13 janvier 2020

D'hiver ( 2020 /1)

Le monde d'aujourd'hui


Je m'évertue, jour après jour, à distribuer ici un peu de bienveillance, d'y souffler quelques bulles de savon, je m'y repose avec vous du climat délétère qui nous asphyxie crescendo, de ce mouvement que rien ne semble pouvoir arrêter. Alors, comme beaucoup sans doute, je freine comme je peux, des deux pieds, je trouve de-ci de-là un beau visage, une attitude, une oeuvre d'art, voire une paire de fesses rebondie à souhait. Je nous offre quelques petits bonheurs qui permettent d'estomper un moment ce qui nous agresse, j'écoute quelque musique céleste née de l'un de ces trop rares bienfaiteurs de l'humanité que l'on appelle génies pour oublier le fracas, les fantoches qui gouvernent et jouent à se faire peur jusqu'au moment où tout peut s'effondrer.
Stefan Zweig
Je m'accorde aujourd'hui d'être plus sombre qu'à l'accoutumée, tant l'entassement des problèmes de toutes sortes que nous vivons atteint à présent des sommets qu'on n'aurait pu imaginer à l'époque bénie où ceux de ma génération d'entre-deux vivaient une période en parenthèse enchantée - et l'expression revêt en l'occurrence toute sa signification.
Mais nous n'avons pas fait grand chose, voyez-vous : on regardait ailleurs, comme l'avait dit tel dont on peut douter des convictions en la matière, et quand on lit le mépris et les haussements d'épaules de nombre de ceux qui portent la parole médiatique devant la colère de cette gamine venue du froid - et l'on dira demain "du tiède" -, ça résume très exactement où nous en sommes.
On lira et relira Le monde d'hier de Stefan Zweig, qui parle tout d'abord des temps heureux pour nous faire assister au glissement progressif vers l'horreur.
Jamais écrits n'ont été autant d'actualité.

Un café, avant de retourner chez les fous ?


Vienne : le Café Central de nos jours
Le même au temps de S.Zweig . Très masculin, non ?


Il est peut-être une institution du monde de Zweig qui n'a pas changé : les cafés de Vienne. S''ils sont rafraîchis périodiquement, le temps semble s'y être arrêté, si ce n'étaient les smartphones des touristes qui traînent sur les tables quand ils ne sont pas rivés tels des prothèses à l’œil de leurs propriétaires.
Les Viennois s'en distinguent, qui les gardent dans leur poche intérieure en mode silencieux ou vibreur et sortent pour prendre un appel important : la politesse, quoi ; encore une notion disparue.
On sourira tristement, pensant à nos cafés d'ici où "faut consommer !", de leur description par l'écrivain dans le livre évoqué plus haut :
« Le Kaffeehaus représente une institution d'un genre particulier, qui ne peut être comparée à aucune autre au monde. C’est en fait une sorte de club démocratique ouvert à tous pour le prix abordable d’une tasse de café où chacun peut s’asseoir pendant des heures, discuter, écrire, jouer aux cartes, s’occuper de son courrier et surtout consulter un nombre illimité de journaux et de magazines. Chaque jour, nous étions assis pendant des heures, et rien ne nous échappait. »


L'homme est un loup pour l'homme


À l'assaut ! 
Et c'est peu de le dire !
Comme on le sait, ce sont les "parisiens-têtes-de-chiens, parigots-têtes-de-veaux" qui ont le plus à souffrir des grèves dans leur vie quotidienne.
Hormis les inconvénients subis par les usagers (qu'ils soutiennent ou non le mouvement actuel), ce sont les incivilités les plus crasses qu'ont à endurer ceux qui tentent d'emprunter un bus ou un métro, lesquels circulent rarement quand le trafic n'est pas carrément suspendu.
C'est la jungle, qui me fait penser à la catastrophe historique du "Bazar de la charité" dont on sait que la majeure partie des survivants furent des hommes qui piétinèrent sans vergogne femmes et enfants lors de l'embrasement.
Ces événements  permettent de constater le piteux état de notre société, dont cette "médiocratisation" galopante (le vocabulaire, par exemple, c'est effrayant !), en contrepoids malheureux  à l'extraordinaire progrès que devait permettre la révolution numérique et ce que l'on nomma autrefois "autoroutes de l'information" devenues pistes d'assaut en mode Mad Max virtuel tout aussi violent et néfaste... C'est à des pugilats qu'assistent à longueur de parcours les personnes qui ont choisi de se déplacer dans Paris à deux ou quatre roues (certains amis en font le compte quand ils me rejoignent à Vespa), c'est d'une mini-guerre civile que fut le spectateur cet ami devant absolument prendre un bus le jour de Noël, qui m'adressa en bout de parcours ces quelques mots clavés :  "je suis en larmes de ce que j'ai vu". 
Ainsi est, aujourd'hui, la "douce France" du poète, lequel, aujourd'hui, aurait droit au lynchage des réseaux "sociaux" pour cette affaire de prétendu mineur détourné qui lui valut quelques ennuis dans les années soixante...
Mais ce sera l'objet du prochain articulet.
Pour nous consoler quelque peu (tout n'est donc pas perdu ?), cet homme auquel on tendait un micro en région : "Non, ça va, les plus à plaindre, ce sont les Parisiens."
Sans ajouter "têtes de chiens".


Les moins de 16 ans



Je me souviens très bien de cette édition  d'Apostrophe où Denise Bombardier dit son fait à Gabriel Matzneff. Nous étions ce soir-là réunis chez un ami où nous avions l'habitude de regarder l'émission de Pivot-le-prescripteur grâce à laquelle nous pouvions établir nos listes de lectures à venir sans grand risque d'être déçus.
Je me rappelle notre réaction de jeunes gens modernes et libérés devant la colère teintée de stupéfaction de la Québécoise, qui pourrait se résumer à un "mais qui c'est, cette connasse ?".
Le temps a fait son oeuvre qui m'a rendu peut-être un peu moins con, un peu moins enclin à l'indulgence vers ce qui, étant transgressif, devrait mériter louanges ou, au pire, indifférence. 
Non, le comportement de Matzneff, prédateur s'affichant comme tel, n'est pas le moins du monde excusable et oui, on tombe des nues en découvrant que l'homme a encore aujourd'hui chronique ouverte dans un magazine à grande diffusion et reçoive encore des prix et les honneurs, sous forme de subsides, de la république.
Une couverture des années 30. Inconcevable aujourd'hui.
J'ai lu par ailleurs - mais je répugne à "balancer", comme le veut la mode du temps -, des lignes pour défendre cette "paroisse" des ogres, proclamant qu'un Tony Duvert, grand consommateur de chair fraîche était un grand écrivain, tout le reste n'étant, bien sûr, que... littérature.
Certes, l'attirance éprouvée jusqu'à consommation envers les mineur(e)s par de grands noms (Gide et Montherlant ne sont pas les moins illustres) et par d'autres de moindre importance (Peyrefitte et son enfant de "cœur" célébré dans Notre amour) n'est pas une révélation de nature à les mettre au ban de la littérature... du moins jusqu'à présent. Si le simple fait d'imaginer un homme mûr copulant avec un enfant me donne la nausée, je trouve toute forme de lynchage indigne d'une société civilisée. D'autre part, le retrait de la vente d'ouvrages sulfureux sans aucune forme de procès par des éditeurs qui les ont autrefois reçus, lus, publiés et promus et, soudainement, ces autodafés virtuels où l'on jette une oeuvre, si indigne soit-elle, sont (encore) un signe des plus inquiétants sur la tournure que prend l'esprit du temps. 



Lu hier dimanche

Les thèmes des "romans-jeunesse" évoluent de manière appréciable : ainsi, je suis le point de terminer Romance (!) d'Arnaud Cathrine (Robert Laffont), sorte de journal intime d'un adolescent gay de notre temps. C'est à la fois touchant, sincère, moderne. 
Une sorte de Tombe, Victor ! d'aujourd'hui... qui ne me rajeunit pas. 
Mais c'est grave passionnant !
Attention aux résumés sur les sites, qui divulgâchent à mort ! Cela dit,on se doute, à mi-parcours de ce qui va se produire. Le bouquin donne envie de mieux écouter et d'échanger avec de jeunes gays pour combattre "âgisme" et "jeunisme" (on peut combattre les barbarismes, aussi).
De plus, jolie couverture, objet agréable au toucher.

Note vers 14h45, lundi 
J'ai fini ma lecture pour le dessert.
Je m'attendais quelque peu à cette fin.
Elle n'a rien cependant de convenu, et
confirme que Romance est un roman 
exaltant, excitant voire, sur l'adolescence.



Si vous voulez commenter,
merci de citer le titre
du paragraphe concerné.




Mon Lulu, c'est LUndi !

LUcas van der Heijden

dimanche 12 janvier 2020

Hier soir,

Ça commence tout doux


soirée
pyjama
avec Diogo Malheiros

et, petit à petit...

on s'enhardit !
Les photos sont de Xavier Samré pour Vanity Teen :   encore ?

Bodimanch!

Cadeau : péril jeune, oh oui !


Claude Debussy, Hommage à Rameau

Il faut s'y faire, les jeunes pianistes asiatiques déboulent depuis quelques années déjà sur le "marché" des bureaux de concerts, en nombre presque proportionnel à celui leurs compatriotes squattant les gondoles vénitiennes et autres incontournables touristiques. Il y a évidemment à boire et à manger dans cette auberge qui n'a rien d'ibérique : on haussera les épaules sur le dernier exploit discographique calamiteux (ah, Amélie Poulain, symbole de la musique française de bon goût !) de Lang Lang, on sourira des jupes fendues de Yuja Wang aux qualités exceptionnelles pour se permettre de provoquer les hurlements du loup de Tex Avery, on se souviendra des Chopin magiques de Yundi Li, et on saluera ici ce Debussy interprété par le Coréen du sud Seong-Jin Cho qui n'a rien à envier aux interprétations des plus grands pianistes occidentaux.
Seong-Jin Cho
Il y a donc, n'en déplaise à ceux dont le champ d'écoute veut se limiter absolument à Horowitz, Rubinstein et autres grands noms du passé, pléthore de nouveaux interprètes asiatiques, russes et - mais oui ! - français pour raviver sans cesse la flamme. 
Plus préoccupante est la moyenne d'âge des différents publics de concerts, malgré les efforts de structures comme notre Philharmonie ou de passionnés comme René Martin (La folle journée de Nantes, le Festival de la Roque d'Anthéron) pour attirer de nouveaux publics. Las, l'époque n'est pas à la culture, bien au contraire, et je crains l'épuisement pour ceux, dont je suis dans une moindre mesure, qui se sont donnés pour mission de transmettre, et partager leur sens de la beauté.

Mea culpa





Réagissant à mon billet d'hier dans lequel je déplorais la disparition des chaussettes hautes ("mi-bas" étant  le terme adéquat) un lecteur* m'envoie cette photo prise dans sa cuisine, m'affirmant que "non, Silvano, nous ne sommes pas tous des  adeptes des mini-socquettes siliconées !"
Dont acte.








*À l'adresse de ce lecteur :
j'ai beaucoup apprécié le texte de votre courriel.
Mais vous avez omis de me laisser vos coordonnées.
Dans l'attente... bisous !

vendredi 10 janvier 2020

Mi-bas

Photo Yann Faucher 2015

Adieu les vraies chaussettes :
aujourd'hui, même les socquettes
ne sauraient être vues.

Bowie : 4 ans sans lui




David Bowie, né le 8 janvier 1947,
est mort le 10 janvier 2016.
Furyo
(Merry Christmas, Mr. Lawrence)
de Nagisa Oshima (1983) demeure 
le meilleur film de sa carrière d'acteur.

La musique de Ryuichi Sakamoto, son
partenaire dans le film, est inoubliable : 


Ryuichi Sakamoto et David Bowie