Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


lundi 17 avril 2017

Voyage à Rome

Herbert List : Max Scheler au Palazzo dei Conservatori - Rome 1949

Le chemin des contrebandiers (Tombe, Victor ! Livre 2) Le Milk-Bar

J’en protège un, le « petit Claude »...
Oh baby baby it's a wild world
It's hard to get by just upon a smile
Oh baby baby it's a wild world
I'll always remember you like a child, girl
La chanson de Cat Stevens tourne en boucle dans le juke-box du Milk.
Oh, ce n’est pas le Milk-Bar d’Orange mécanique, mais, à quelques pas du lycée, voici notre quartier général. S’y côtoient une foule hétéroclite de lycéens, des petits cakes de la vieille ville désireux de se mêler à ceux qui apprennent encore, quelques adultes attirés par la jeunesse comme les phalènes par les rayons du phare de la Garoupe, deux ou trois profs venus avaler un petit noir avant d’affronter l’ennemi, et des étudiants nostalgiques, déjà, conscients que leur jeunesse fout le camp et, qu’ici, on peut encore s’y arrimer avant d’entrer dans ce qu’on appelle « la vie active » synonyme de servitude, ça c'est sûr !
Poussant la porte vitrée, avant de monter à la mezzanine, le Saint des Saints où il faut être adoubé pour s’asseoir et disputer une partie de belote contrée, on doit affronter le fog, car ici, si tu ne clopes pas, tu n’es pas digne d’être un pilier ; et c’est Londres, quelle que soit, au dehors, la luminosité généreuse de nos soleils d’hiver. De même, si, à la question « ah, t’es là, toi ? », tu n’as jamais répondu « ouais, je sèche ! », tu ne mérites nulle considération.
Il faut passer devant le bar où règnent ces deux femmes, Danièle et Christiane, dont tu sais, toi, qu’elles couchent ensemble, malgré le mari de la seconde, isolé dans la réserve, la tête dans les comptes, et leurs trois gosses qui se relaient mollement pour le service ; je dis « malgré », mais il s’agit certainement d’une situation admise d’eux, d’un pacte tacite ; et c’est vachement bien accepté ici, parce que, de l’avis de tous, c'est révolutionnaire .
« Commandez en montant ! » Ici, on consomme et on doit renouveler les conso à chaque tour de petite aiguille de la pendule bien visible là-haut, au dessus des tables en bakélite noire à piètement chromé sur lesquelles s’accumulent les cafés à un franc, et on a calculé au préalable la somme nécessaire, selon le temps qu’on va passer au « temple », comme certains le désignent. Quand on a gagné la confiance des taulières, on peut « faire marquer », c’est un honneur, comme de décrocher un diplôme, une médaille, une coupe, un trophée.
Les moins de seize ans ne peuvent s’aventurer ici ; et cela même si l’on ne peut y consommer de l’alcool. Les « petits », les « seconde », se cantonnent au rez-de-chaussée qui a des airs de salle des pas perdus, juste trois tabourets, au bar, dont ils doivent dégager si un grand veut s’accouder au comptoir gris-argent. On peut concéder quelque privilège à un jeune plus vif, plus déluré que ses camarades, s’il sait crâner les mains dans les poches, se laisser taxer d’une clope, voire d’un caoua si ses vieux sont blindés. J’en protège un, le « petit Claude », sans m’avouer vraiment que mon intérêt pour lui, que je déguise en condescendance, est dû à de réels avantages physiques,à l’attrait qu’il exerce sur moi, à une sorte de fragilité qui me le rend proche, où je me reconnais. Mais ce serait déchoir que de me lier davantage : j’ai neuf mois pleins de plus que lui. Alors, je le laisse souffrir de cette distance à laquelle je m’applique, et le laisse jouir du bonheur d’être admis à ma table, là haut, à l’expresse condition qu’il ne se mêle pas de nos conversations – De Gaulle, Pompidou, Mireille Mathieu ah, ah, ah, le sexe, le sexe, et le sexe -, qu’il descende sans regimber chercher un cendrier ou commander un milk-shake les jours d’opulence parce que, avec les éclats de voix et Proud Mary à fond, nos hôtesses n’ont rien entendu.
J’ai joué mon rôle de maître tout puissant, l’autre samedi, ce jour de relâche absolu, où je l’ai vertement engueulé pour une peccadille, rien qui justifiât ma colère, juste pour voir affleurer une larme au bord de ses longs cils noirs, et jamais je n’ai eu autant envie d’embrasser quelqu’un, pauvre petite victime de cette remarque injuste, de celles qui, je le sais pour en avoir vécues, vous enfoncent un clou au creux de l’âme.
J’en connais quelques uns, parmi ceux du donjon – Danièle nous désigne ainsi-, qui eussent joui de cette cruauté assumée. Ce fut pour moi simplement cette envie de déposer un baiser sur ces lèvres encore enfantines que nul duvet ne vient ombrer encore, oh rien de plus qu’un baiser pour dire « tu n’as pas mérité ça, tu vaux mieux que moi, sans doute ».
Je me suis promis qu’après mon Bac, quand l’enfant aura grandi, qu’il aura lui aussi dix-sept ans, je lui donnerai mon amitié, et peut-être mieux.

(À suivre)
(c) Louis Arjaillès - Gay Cultes 2017
Si vous avez manqué le début : clac



dimanche 16 avril 2017

Péché capiteux

Pâques 2017 : et il y a encore des gens...


pour
nier
le
réchauffement climatique ?!

Réveil en douceur

Bon dimanche,
et
joyeuses Pâques
mes petit(e)s lapin(e)s !

Cadeau : divine Maria



C'est le dernier récital de la Callas au Japon, dont est extrait ce Suicidio en son "direct".
Maria Callas fut longtemps l'icône gay par excellence.
Aujourd'hui lui est préférée Lady Gaga.
Les temps changent.
Il faudra voter pour le candidat le plus apte à placer l'éducation et la culture à leur juste place.



Victor, Paul, Angelo et les autres...

" Ton genou saignera et moi je lècherai la plaie... "






J'ai inséré dernièrement l'article de Qweek tel qu'on peut le lire dans la version "papier" du magazine. Je viens de découvrir l'article en ligne agrémenté des aquarelles que Jean-Christophe Herbeth a créées pour le dossier de presse.
Vous pouvez découvrir la version numérique ici : clic









Demain lundi, en exclusivité planétaire, le deuxième extrait du livre 2,  
Le chemin des contrebandiers.

samedi 15 avril 2017

Fée du logis

Tu m'as quitté : je ne voulais pas t'acheter un lave-vaisselle.

Une profonde méditation

Photo Jean-Philippe Guillemain

Violoncelliste aimable



À croire que le violoncelle attire les beaux gosses (voir Edgar Moreau) !
Cette vidéo où Daniel Hass interprète cette Sonate de Beethoven date de 2013.
Ce jeune musicien américain a aujourd'hui vingt ans.
Et que croyez-vous qu'il a fait, depuis cet enregistrement ?
Il a laissé pousser barbe et moustache : original, non ?

La France vote bientôt


Ah l'aura ! Ah, le charisme !

vendredi 14 avril 2017

Plus on est de fous...


Bouleversante arrogance


Ah, la Grèce antique et la lutte gréco-romaine...


Ce sont deux étudiants posant en tenue appropriée devant les marbres d'Elgin (British Museum).
Photographie de Thomas Eakins en 1882 ou 83 (ma mémoire défaille).
Eakins, peintre, sculpteur et photographe, était marié à une dame.
Sans être mauvaise langue, son œuvre est tout de même vachement homo-érotique.
Exemple, ces lutteurs sur toile tout d'abord photographiés :

Musée d'Art - Los Angeles

On notera que pour cette huile sur toile (1899), 
le peintre s'est cru obligé de rhabiller un tantinet ses modèles.


Ah Audrey !

Funny Face 1957 | Réal. Stanley Donen

jeudi 13 avril 2017

Méditation sylvestre


Na !

Par Yves Rulliére

Tahar Ben Jelloun m'a tèj'

Je n'avais pas eu le temps d'en parler, mais cette année je suis allé à Livre à Paris (le salon du livre, quoi !) où j'avais à rencontrer un agent pour la promotion de mon roman, et, cerise sur le gâteau, pour rencontrer des amis qui travaillent pour l'émission de France Inter Si tu écoutes j'annule tout. Comble de bonheur, ce vendredi-là, l'invité principal de l'émission était l'écrivain et académicien Goncourt vénéré Tahar Ben Jelloun auquel j'avais envoyé une missive restée sans réponse au moment de la sortie de l'ouvrage. Mais bon, ces gens-là sont très occupés, je ne m'en chagrinai pas et seul un miracle, une rencontre impromptue, eût pu me permettre de m'adresser directement à lui. Soudain, c'est ce qui se produisit : le grand homme se trouvait à quelques mètres de moi, et, quand il quitta le plateau, je m'approchai de lui, pataud quelque peu, ne me reconnaissant pas : moi qui ai l'habitude de m'adresser à de larges publics, je  lui bredouillai d'emblée que je ne voulais pas être un fâcheux, juste lui offrir mon bouquin que j'arrivai non sans mal à extraire de mon sac, comme un petit garçon qui veut offrir un cadeau à la personne qu'il admire le plus.
Monsieur Ben Jelloun, alors, me toisa d'un regard excédé, me disant "je suis pressé", et moi, lui bégayant que "tenez, je me permets de vous offrir mon tout premier roman" et lui de répondre "ce n'est pas la peine, je ne le lirai pas" et, tournant les talons tel un météore, de me laisser planté là, honteux, dépité, le cœur au bord des larmes. Il fallut toute la bonté de l'un des humoristes de l'émission qui avait observé toute la scène, pour me rasséréner.


Subliminal ?